En résidence de création

Les Méditerranéennes
Emmanuel Ruben

■ Décembre 2021
■ Marseille

Le projet

En résidence à Marseille en juin 2018 pour son projet Sur la route du Danube (paru en 2019 aux éditions Rivages), Emmanuel Ruben poursuit sa résidence en 2021 à la Villa Deroze à La Ciotat.

Lors de cette deuxième partie de sa résidence, il travaille projet entièrement différent. Second volet d’une saga française, Les Méditerranéennes sera un roman polyphonique qui aura pour motif principal un objet sacré : un chandelier à huit branches (candélabre ou menorah de Hanoucca, la hanoukkia), que le narrateur principal (Samuel Vidouble) retrouve dans le salon de ses parents ; à travers les péripéties survenues à cet objet, le seul objet ramené d’Algérie en 1962, Samuel, menant une enquête sur les traces de ses ancêtres, remontera les branches de l’arbre généalogique familial et racontera la saga des Berbères juifs depuis l’Antiquité, et notamment la légende de la reine juive de Barbarie, la Kahina, à laquelle ce chandelier, selon une légende familiale un peu farfelue, aurait appartenu.

Note d’intention de l’auteur

Comme l’écrit Benjamin Stora dans Les trois exils. Juifs d’Algérie (Stock, 2006) : « Aujourd’hui, l’image des séfarades en France est volontiers associée à celle des juifs tunisiens du film La vérité si je mens arpentant les plages de Deauville ou s’affairant dans le quartier du Sentier. Clichés, bien sûr, qui conforte cependant l’idée que cette population vient essentiellement de Tunisie ou du Maroc... Mais où sont les juifs d’Algérie ? Leur invisibilité dans la société française est frappante. »

En ce qui concerne le domaine de la bande dessinée, la série Le Chat du rabbin a contribué grandement, depuis 2001, à rendre visible les juifs d’Algérie. Mais dans le domaine romanesque, les ouvrages sont encore rares qui nous permettent d’imaginer la vie des juifs berbères d’Algérie avant et après la guerre. En effet, la plupart des romans consacrés à l’Algérie se concentrent sur la période de la guerre (1954-1962) et traitent rarement, à quelques exceptions près (Laurent Mauvignier, Des hommes, Minuit, 2009) l’avant ou l’après-guerre. Mais surtout, ce sont la plupart du temps les appelés du contingent, les pieds-noirs, les partisans du FLN ou plus récemment les harkis (Alice Zeniter, L’Art de perdre, Flammarion, 2017) qui forment le bataillon des personnages romanesques. Adolescent, pour me faire une vague idée de mes ancêtres maternels, j’en étais réduit à lire les livres d’Albert Cohen, d’Albert Camus, de Romain Gary, voire même de Philip Roth ou d’Isaac Bashevis Singer – je me construisais une généalogie d’emprunt, ashkénaze, séfarade ou pied-noir ; j’ai mis longtemps à comprendre que mes ancêtres étaient des Berbères judaïsés au Moyen-Âge ; je dois beaucoup à la lecture des livres d’André Chouraqui, de Benjamin Stora, de Shlomo Sand et de quelques autres. Aujourd’hui, je suis convaincu que le roman sur les juifs berbères d’Algérie reste à écrire.

Je n’ai jamais mis les pieds en Algérie et je ressens de plus en plus le besoin de connaître le pays de mes ancêtres. J’aimerais traverser la mer en bateau, depuis Marseille, pour prendre la mesure de cette étendue qui sépare les miens de leur passé et me rendre dans les villes où ils ont vécu et travaillé : Annaba (où ma grand-mère et née, qu’ils appellent encore Bône), Skikda (l’ancienne Philippeville, où enseignait ma tante), Guelma (où ma mère est née, où s’est suicidé son père), Constantine (d’où venait ce grand-père que je n’ai pas connu), Khenchela (la ville de la Kahina, d’où venait la famille de ma grand-mère)…

Emmanuel Ruben



Le lieu de résidence

Début le printemps 2021, La Marelle a ouvert cette nouvelle « maison », la Villa Deroze, située au milieu des pins, sur les hauteurs de la cité portuaire de La Ciotat. Confiée avec générosité par Danielle Deroze, elle est destinée à accueillir artistes, auteurs et autrices, pour des projets de création qui souvent se croisent ou s’hybrident.

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