En résidence de création

Tu te souviens des phrases
Marina Skalova

■ Avril, puis juin/juillet 2020
■ Marseille

Le projet d’écriture

Violence historique, violence médicale, violence intime ; entre Union soviétique et Europe au 21e siècle, des corps féminins qui ploient puis se redressent, par la force des choses. Un livre ou des livres – des textes en tout cas – où se croisent des flux de langue, une oralité crue et une narration par fragments.

Note d’intention de l’autrice

J’ai commencé à travailler sur mon chantier actuel lors d’une résidence en Russie, mon pays d’origine que j’ai quitté dans l’enfance. Je me suis d’abord intéressée au rôle des femmes en Union soviétique et dans la Russie d’aujourd’hui. L’URSS, où l’égalité homme-femmes fut proclamée lors de l’arrivée au pouvoir du gouvernement bolchévique, demeure considérée comme un modèle en Occident en ce qui concerne les droits des femmes. En effet, dès 1917, les femmes furent mises à égalité avec les hommes sur le plan de la production ; on introduisit les congés maternités, autorisa le divorce et l’avortement. Les femmes occupèrent tous les emplois et furent nombreuses à combattre sur les fronts de la Seconde Guerre Mondiale.

Pourtant, les rôles traditionnels et stéréotypes hommes-femmes ne furent jamais déconstruits dans la société russe, régie par une culture profondément machiste. Aujourd’hui, les mouvements féministes luttent pour l’adoption d’une loi contre les violences domestiques. La plupart des femmes en prison le sont pour avoir tué leurs maris violents – une légitime défense qui n’est pas reconnue par la loi russe…

À partir de ces matériaux de recherche, je suis en train de composer une forme de poésie documentaire, intégrant différentes voix renvoyant à plusieurs moments historiques, consacrés aux corps des femmes et aux violences qui les traversent, nous traversent, incessamment. Un poème, « L’Utérus », issu de ce projet est d’ailleurs paru dans la revue Muscle, à l’invitation de la poète marseillaise Laura Vazquez.

Je m’intéresse particulièrement à la façon dont les structures patriarcales imprègnent la langue russe et façonnent ses structures de pensée. Un proverbe russe dit : « S’il cogne, c’est qu’il aime ». C’est à ce type de phrases entendues depuis l’enfance que mon texte veut s’attaquer.

Si la Russie fut mon terrain de recherche premier, les expériences où la violence est d’abord éprouvée dans la langue puis dans le corps, ont déjà été vécues par la plupart des femmes. Ce sont d’ailleurs parfois les seules choses que nous avons en commun.

Marina Skalova 



Compléments

Une lecture de son texte « L’Utérus », dans la revue Muscle.

Le lieu de résidence

À Marseille, La Marelle dispose de deux appartements indépendants, l’un sur le site de la Friche la Belle de Mai, l’autre à proximité du Palais Longchamp.

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La Marelle
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