Jean fait partie des rares patients dont la porte reste fermée. Et comme je le sais très visité, je n’ai osé y toquer que le dernier jour de la semaine, introduite par l’indispensable Fanny, la kinésithérapeute du service. Quand j’entre dans sa chambre, il est à demi assis dans son lit, un pupitre posé sur le ventre, arborant un gros livre ouvert, un essai de physique en langue anglaise. Ce petit homme au nez prolongé par le tuyau de sa sonde naso-gastrique m’impressionne dès le premier regard.