En résidence de création

Les Argentiques
Antoine Mouton

■ Février et fin 2021
■ Marseille

Le projet

Un livre fait de fragments, chacun déployant un monde, poétique, contemplatif, réflexif, autobiographique ou narratif, et chacun désobéissant à la loi du précédent. Il y sera question de la photographie argentique en particulier et de la pratique artistique amateur en général.

Note d’intention de l’auteur

Depuis plusieurs années, je pratique la photographie argentique en parallèle de mon travail d’écriture. Quand je ne peux plus écrire, je sors de chez moi avec mon appareil. Je vais voir ailleurs.

Il m’est arrivé de me servir de mes photographies pour ponctuer ou illustrer mes livres ou ceux des autres. Mon intention n’est pas de rendre ce travail public, mais d’écrire à son sujet.

Je voudrais composer un livre poétique fait de fragments, en pensant à Henri Michaux, Roland Barthes, Annie Dillard et Georges Perros. Ils ont ouvert la voie de ces livres qui ne font pas système, attentifs aux accidents, aux dérives, aux interférences, et tenus malgré cela : tenus dans le sens où ils ne le sont par personne d’autre qu’eux-mêmes. Chaque fragment déploierait un monde, poétique, contemplatif, réfexif, autobiographique ou narratif, et désobéirait à la loi du précédent. L’ensemble traiterait de la photographie argentique en particulier et de la pratique artistique amateur en général. De la joie que c’est de faire un travail qui ne répond qu’à nos exigences.

J’ai rencontré, ces dernières années, au gré des ateliers d’écriture que j’ai pu mener, beaucoup de gens qui écrivent mais ne publient pas, qui peignent mais n’exposent pas, jouent d’un instrument de musique mais chez eux, seuls, au milieu de la nuit. Quand on était enfant on appelait cela : avoir un jardin intérieur. Je voudrais ouvrir la porte de ces jardins et dire ce qu’il s’y passe.

La photographie argentique est une résistance. Ces dernières années, après quelques temps de désaffection, les amateurs n’ont fait que croître ; les boutiques du boulevard Beaumarchais à Paris, après avoir fermé, rouvrent peu à peu. Dans l’opposition entre argentique et numérique, on retrouve beaucoup d’enjeux actuels. C’est la dialectique du temps et de l’immédiateté, entre s’abandonner et prendre, choisir et accumuler.

« Les Argentiques » sera une série de textes courts et poétiques, où je tenterai de raconter le monde tel qu’on le voyait avant le numérique. Il n’y a pas de « monde perdu », mais plutôt des rapports qu’on ne sait plus établir entre soi et le monde, et donc des parts du monde qui deviennent inatteignables. La littérature peut témoigner de cette déliaison, et donner des clefs pour la conjurer.

Ainsi, l’attente. Quiconque travaille en argentique sait qu’il ne verra pas tout de suite ce qu’il vient de photographier. Je veux raconter le temps qui sépare la prise du résultat. La fébrilité de ne pas savoir. La joie de redécouvrir quelque chose (un visage, un paysage, un temps) dont on ne se souvenait plus.

Je veux parler aussi des pellicules, qui se perdent dans les sacs, resurgissent des années plus tard, qu’on développe fnalement et qui révèlent les temps passés. La photographie argentique est l’art du passé ; je crois que la littérature en est la sœur : quand on écrit, il est déjà trop tard, et pourtant certaines phrases parviennent à nous rendre ce que nous avons perdu.

Antoine Mouton



Le lieu de résidence

À Marseille, La Marelle dispose de deux appartements indépendants, l’un sur le site de la Friche la Belle de Mai, l’autre à proximité du Palais Longchamp.

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