En résidence de création

Comme un grand animal obscur
Clément Bondu

■ Août et septembre 2022
■ La Ciotat

Le projet d’écriture

Comme un grand animal obscur est un projet de roman polyphonique, un ensemble de récits croisés qui se répondent au cours d’une même journée d’été, aux quatre points cardinaux de la Méditerranée.

Il y a un homme qui abandonne sa voiture et part sans savoir où il va. Une femme à la recherche d’une personne disparue dans les rues d’Athènes. Un enfant et un chien qui marchent dans une forêt, sur une île ravagée par les incendies. Une histoire de pirates en 1530, et l’attaque d’une ville. La mer, le vent, le temps qui éloigne les êtres, l’amour et la mémoire qui les rassemblent. Des naissances et des métamorphoses.

Note d’intention de l’auteur

Avec Comme un grand animal obscur, je souhaite poursuivre la recherche menée dans mon premier roman, Les Étrangers. Ce roman met en scène différents personnages dispersés en plusieurs villes d’Europe, d’Afrique et d’Amérique, séparés par le temps et l’espace. Les personnages des Étrangers sont des êtres habités par le déplacement, cherchant puissamment l’autre en eux-mêmes, avec un grand besoin de vivre, de connaître, d’aimer, « chercher ce qui est beau et tenter de lui faire de la place » (Les Étrangers, « Paysages lointains », p. 160). Ces personnages, notamment ceux de Paul, Marianne et Ismaël, sont aux prises avec la sensation profonde, intime, de leur disparition, la leur, mais aussi celle des espèces vivantes, des êtres et des lieux qui les entourent. Dans Comme un grand animal obscur, je voudrais développer le travail esquissé autour de cette forme d’inquiétude contemporaine, qu’on pourrait résumer à une sorte d’angoisse écologique, suscitant, d’après moi (de par la perspective d’une catastrophe imminente et inconnue) des déploiements émotionnels et métaphysiques inédits.

Comme un grand animal obscur met en scène plusieurs personnages au cours d’une même journée d’été, aux quatre points cardinaux d’une même mer : la Méditerranée. Il y a un homme qui abandonne sa voiture dans un ravin près de Marseille, et part sans savoir où il va. Une femme perdue dans les rues d’Athènes à la recherche d’une personne disparue. Un enfant et un chien qui marchent dans une forêt, au milieu d’une île ravagée par les incendies. Une histoire de pirates en 1530, appelés Barberousse, à la conquête d’îles et de villes entre Lesbos, Cythère, la Calabre, Djerba, Alger et Tunis.

Autant dans Les Étrangers que dans mon dernier livre de poésie, Nous qui avions perdu le monde, la Méditerranée est un espace mythologique qui m’obsède, et à partir duquel j’aimerais continuer de travailler pour en faire cette fois-ci le personnage principal du livre, à travers ses paysages et ses villes légendaires, confrontés aux enjeux socio-économiques et politiques du temps présent : échanges marchands, conflits territoriaux, passages de réfugiés, bateaux qui font naufrage, incendies sur le littoral, préservation des espèces animales et végétales, exploitation des fonds marins, etc. Lorsqu’ils ne seront pas directement confrontés à ces difficultés, les personnages seront habités par ces questions venant habiter leurs pensées et leurs rêves.

Avec Comme un grand animal obscur, je veux plonger dans la matière même du paysage, des couleurs, des plantes, des animaux, et de tous les êtres qui le constituent, dans leur bigarrure et leur diversité. L’ensemble de ces récits croisés me conduira vraisemblablement à donner une structure hybride au livre, offrant au récit de chaque personnage une forme et un registre différents, pouvant aller du flux de conscience (pour l’enfant et son chien perdus dans la forêt incendiée) au dialogue (pour la femme déambulant dans les rues d’Athènes), au témoignage (pour l’homme en errance dans le sud de la France) ou encore à la chronique historique ou au journal de bord (pour les frères Barberousse). Les noms légendaires, enchanteurs, de la Méditerranée ne manqueront pas d’évoquer certaines réminiscences littéraires (l’Odyssée d’Homère, le Voyage à Cythère de Baudelaire, etc.), confrontées aux désirs et aux peurs des vivants, pris dans le temps présent d’une journée et d’une nuit qui avancent irrémédiablement vers l’aube. Au centre, la Méditerranée sera comme une grande tache bleue sur laquelle le destin des humains sera semblable au mouvement hasardeux et pourtant inéluctable d’îles à la dérive.

Enfin, le roman Comme un grand animal obscur deviendra sans doute la matière du prochain spectacle de ma compagnie Année Zéro, en 2022-2023.

Clément Bondu



Le lieu de résidence

Début le printemps 2021, La Marelle a ouvert cette nouvelle « maison », la Villa Deroze, située au milieu des pins, sur les hauteurs de la cité portuaire de La Ciotat. Confiée avec générosité par Danielle Deroze, elle est destinée à accueillir artistes, auteurs et autrices, pour des projets de création qui souvent se croisent ou s’hybrident.

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