Elles se sont ouvertes à moi comme l’arbre qui la nuit construit le fruit et au matin, dans la première lumière, l’offre comme une évidence. Elles sont toutes plantes, fleurs, couleurs, odeurs, vibrantes de leur savoir, de leur histoire et de la ligne qu’elles ont tirées dans le paysage rien que par leur présence.

Sur la bouches des Saintes (note)

La première chose que je peux vous dire…

Faustine Reibaud-Nicoli

Revue #81

Septembre 2021

La première chose que je peux vous dire…

La première chose que je peux vous dire c’est que les muses existent. Elles peuplent les jardins, elles sont au creux d’un regard, d’un soupir. Il faut tomber amoureux pour écrire, cent fois, mille fois. Écrire donne faim de beauté, on dévorerait des visages pour écrire, on engloutirait des corps pour générer la vibration d’un poème, la sensation d’un mot.

Extrait : « Sur la bouches des Saintes », poèmes

Je ne vois plus l’heure
j’ai le ventre malade
Mon jardin a brûlé
à ta rencontre

Tout s’est embrasé
Maintenant ne reste plus
que l’essentiel

Je ne vois plus les heures
Mon jardin a brûlé
à ton contact, sur ton chemin,

Viens replanter mon jardin

 

Dans les ruelles dans
les échoppes de la ville
au creux des sacs en
toile brodée
on trouve le jardin séché
de mille mondes

roses, fleurs de thé, cardamome,
camomille, fleur d’oranger,
safran, café, piment

Des paysages à peindre
de pigments odorants

histoire à dire sur
les lèvres multicolores
des femmes icônes

Saintes universelles
pieds dans la terre battue
yeux rivés aux cieux
criblés d’éternel

 

Je boudais sur le canapé
en attendant
les voix sous la coupole
et tout brûlait en moi

le jardin s’embrasait
tu étais là,
mais je restais très
seule
à croire à la renaissance

Au sommaire

  • Textes et dessins inédit « Sur la bouche des Saintes »
  • Bio-bibliographie
  • Le questionnaire ludique ! [extraits des réponses]
    • Un Oloé ? [* Oloé : « espace élastique où lire où écrire ». Mot créé par Anne Savelli.]
      42.146340, 8.624969
    • Un toc de langage ?
      « Buciardu com’è a scopa », une expression corse
    • Un a priori sur Marseille ?
      Un souvenir extraordinaire d’éblouissement…

Édito

Faustine Reibaud-Nicoli est réalisatrice, plasticienne et poète. Elle a croisé le chemin de La Marelle en 2020, en déposant une candidature qu’alors nous n’avions pas pu retenir. Mais son travail, sa personnalité, et le fait qu’elle résidait à Marseille, ont déclenché notre envie de l’accompagner. Cela s’est concrétisé grâce à un partenariat avec le lycée Saint-Exupéry, dans les quartiers Nord de Marseille, où elle est restée en immersion de février à avril 2021 pour travailler avec plusieurs classes à une création photo & son autour du rapport au paysage, tout en lui permettant de poursuivre son projet personnel.

Puis, au printemps 2021, nous avons eu le bonheur d’ouvrir, avec l’association DA/DA, la Villa Deroze à La Ciotat, un nouveau lieu où nous pouvons proposer d’autres types d’accueil et de soutien, en particulier pour des formats hybrides. Et il nous a semblé que ce lieu magnifique pouvait devenir un écrin idéal pour le travail de Faustine. Aussitôt dit, aussitôt fait ! C’est ainsi que la Villa Deroze, avec son vaste jardin, a accueilli « Sur la bouche des Saintes », qui trouve sa genèse dans une récolte documentaire, celle de l’héritage oral et chanté de femmes immigrées à Marseille, toutes générations et pays confondus. Faustine Reibaud-Nicoli a recueilli leur parcours, leurs poèmes et chansons, et pu aborder les questions essentielles d’identité et de construction intime d’un chez-soi. Au final, c’est par une exposition en plein air, accompagnée d’un livre d’artiste, qu’elle propose aux personnes d’explorer toutes les matières, textuelles, sonores et visuelles, qu’elle a tissées.

Cet enchaînement d’heureux hasards nous comble, et accueillir in situ, à la Villa Deroze, cette sortie de résidence de Faustine Reibaud- Nicoli ne peut être que de bon augure, tant pour elle et son projet, que pour ce lieu et tous les artistes et auteur·rice·s qui pourront y trouver un abri artistique.

Pascal Jourdana
directeur artistique de La Marelle,
septembre 2021

Informations

Renseignements techniques

Cette revue est disponible dans sa version papier ou en ligne, au format .pdf téléchargeable.

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