La camaraderie entre Flaubert et Sand surprenait davantage les proches de celui-ci que les étrangers, car il avait au préalable manifesté de nombreuses réticences à propos de l’œuvre de la romancière : « Tous les jours je lis du George Sand et je m’indigne régulièrement pendant un bon quart d’heure ».

Livre numérique

Eduardo Berti

Galaxie Flaubert

Anthologie

 

Novembre 2015
Traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu
 

Un essai anthologique

Cette anthologie établit une « galaxie » contemporaine autour de la figure centrale de Flaubert, depuis l’ombre de son idole Victor Hugo jusqu’aux pages de certains de ses fils spirituels, comme Maupassant ou Zola (du romantisme au naturalisme), en passant par ses amis ou ses plus proches interlocuteurs.

Les œuvres choisies par Eduardo Berti, peu connues ou peu diffusées, peuvent être lues comme le portrait d’une époque (le cœur du XIXe siècle), où la France était à la tête de la production et du débat littéraires. Mais les notices biographiques des quatorze auteurs ici réunis peuvent aussi être parcourues comme une « comédie humaine » inattendue, où nombre d’entre eux interagissent… L’édition numérique incite à une lecture transversale, en suivant le fil des multiples liens qui se tisssent entre les œuvres, entre les personnes, et dessinent comme les lignes d’une constellation Flaubert.

Eduardo Berti était en résidence à La Marelle en été 2013 pour le projet Inventaire d’inventions inventées.

Extrait

L’année qui suivit la mort de Flaubert, en 1881, Tourgueniev publia un récit consacré à la mémoire de son ami et inspiré de l’atmosphère de Salammbô. Ce texte, assez atypique dans la production du Russe, et intitulé Le Chant de l’amour triomphant, est une sorte de légende située à l’époque de la Renaissance italienne, et présente le cas de deux amis qui aiment la même femme.

Maupassant sut peindre les « deux géants », comme il les surnommait : Tourgueniev assis dans un fauteuil et parlant très lentement, d’une voix douce et un peu faible ; Flaubert l’écoutant presque religieusement. Leurs conversations n’abordent presque jamais de sujets de la vie courante, mais traitent de questions littéraires. « On parlait surtout de questions de forme », indiqua Henry James, qui assista à l’une d’elles. Souvent, le Russe traduisait à Flaubert un poème de Pouchkine, de Gœthe ou de Swinburne. Et ce fut lui qui traduisit pour la première fois en russe les textes de Flaubert.

Paul Bourget entendit un jour Tourgueniev exposer ses théories sur l’art de la description, et il remarqua qu’elles étaient très semblables à celles de Flaubert. Pour Tourgueniev, réaliste poétique, le talent descriptif devait résider, avant tout, dans le choix du détail évocateur. Il voulait que la description fût indirecte et suggérée plutôt qu’évidente, dit Bourget.

« Tous deux avaient le même soin de la perfection dans l’écriture, avec plus de simplicité chez Tourgueniev. Dumas a dit que Flaubert était un géant qui abattait une forêt pour faire des boîtes d’allumettes. Tourgueniev, lui, abattait ses petits arbres blancs pour bâtir des maisons de bois à la mesure de l’homme », a écrit André Maurois dans le livre qu’il a consacré au Russe. « Tourgueniev s’étonnait souvent des idées et des théories de Flaubert. Ils avaient débuté tous les deux pendant le romantisme, mais Flaubert était toujours romantique, plus que Tourgueniev ».

La nouvelle ici présentée, « Le Chant de l’amour triomphant » (Песнь торжествующей любви), fut originellement écrite en russe, et parut en français en 1881 dans La Nouvelle revue, traduite par Tourgueniev lui-même et Pauline Viardot. C’est cette version que nous avons choisie.

L’auteur en bref

Eduardo Berti est membre de l’Oulipo depuis juin 2014. Né en Argentine en 1964, écrivain de langue espagnole, il est l’auteur de quelques recueils de nouvelles, d’un livre de petites proses et de plusieurs romans. Traducteur et journaliste culturel, il est lui-même traduit en sept langues. On trouve en langue française presque toute son œuvre : les micronouvelles de La Vie Impossible (prix Libralire 2003), les nouvelles de L’Inoubliable et les romans Le Désordre électrique, Madame Wakefield (finaliste du prix Fémina), Tous les Funes (finaliste du Prix Herralde 2004), L’Ombre du Boxeur et Le Pays imaginé (prix Emecé 2011 et prix Las Américas 2012), le récit Une présence idéale, écrit directement en français. Ses livres sont traduits par Jean-Marie Saint-Lu.

Informations

Renseignements techniques

  • Matériel recommandé
    Tous supports et dispositifs
  • Logiciel recommandé
    iBooks
  • Lecture possible sur liseuse
    Oui
  • Meilleure confort de lecture
    Sur tablette (meilleure navigation et images)

Une évocation visuelle du livre

(À venir)

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