En résidence de création

Espaces hospitaliers
Laurence de la Fuente & Célie Alix

■ Février-mars 2019
■ Marseille

En bref

Laurence de la Fuente, autrice, est la lauréate avec la vidéaste Célie Alix de l’appel à projets 2019 « Résidence d’écriture numérique ». La résidence est destinée à finaliser l’écriture d’une œuvre en arborescence qui circule et divague au sein d’un hôpital. Avec les dessins de Bruno Lahontâa.

Un grand nombre, sinon la plupart, de ces choses ont été décrites, inventoriées, photographiées, racontées ou recensées. Mon propos dans les pages qui suivent a plutôt été de décrire le reste : ce que l’on ne note généralement pas, ce qui ne se remarque pas, ce qui n’a pas d’importance : ce qui se passe quand il ne se passe rien, sinon du temps, des gens, des voitures et des nuages.

Georges Perec, Tentative d’épuisement d’un lieu parisien

Le projet d’écriture

« Espaces hospitaliers » a été suscité par un premier projet mené à l’Hôpital Saint-André du CHU de Bordeaux en 2016 grâce à la DRAC Nouvelle Aquitaine, intitulé Chambres à dessins chambres d’écriture, projet qui a donné lieu à une exposition autour des galeries qui entourent le jardin central de l’Hôpital.

Laurence de la Fuente, Bruno Lahontâa et Célie Alix avaient pendant six mois rencontré des patients et des soignants, cherchant dans la rencontre et les paroles échangées, ce qui pouvait faire image et déclencher aussi l’écriture, utilisant un procédé mis en place dans leur précédent ouvrage, Performances éthologiques de Font, qui faisait dialoguer dessins et textes pour évoquer les performances de l’artiste susnommé. Ils ont effectué ensuite une nouvelle résidence à Saint-André avec le CHU de Bordeaux, avec l’envie de découvrir les espaces invisibles qui se tiennent littéralement sous l’hôpital, la partie cachée, le sous-sol ouvrier de ce grand corps hospitalier, ses fondations, ses longs couloirs comme des vaisseaux l’irriguant tout entier, mais aussi d’autres personnels hospitaliers.

Dans ce sous-sol, travaillent en effet des corps de métiers bien différents, des menuisiers, des thermiciens, des serruriers, des électriciens, des ingénieurs civils, des plombiers, des peintres… C’est le cœur souterrain de l’hôpital, dans lequel auparavant se tenait le service de radiothérapie, où circulent des flux électriques, et des fluides. On ventile, on climatise, pour les thermiciens, dans ce rapport à l’air propre aux normes hygiénistes de purification de l’air qui furent celles de l’hôpital depuis son origine. Au centre de production, on confectionne des atmosphères sous vide, et de l’oxygène, ce qui permet de faire respirer, d’opérer dans les unités de soin, alors que la production est tapie, cachée.

Face A, en haut : on répare les corps. Face B, en contrebas : les objets qui relient les corps, la biomédecine, ces objets connectés au corps, pinces, sondes, électroencéphalogrammes, et les objets disjoints, les ventilateurs, les micro-ondes, les lits, les radios, les sonnettes. On trouve même au détour d’un couloir, un puits très profond du dix-septième découvert par hasard, lors de travaux d’aménagement, il y a une vingtaine d’années. Une plongée dans les nappes phréatiques et dans l’Histoire…

Ils ont alors démarré de nouveaux entretiens avec des patients et des soignants, nouvelle matière documentaire qui les amènent à imaginer un travail d’écriture, mené à La Marelle dans le cadre de cette résidence d’écriture numérique, pour créer des micro-métafictions qui emprunteront diverses formes, poésies, dessins, textes dits, archives sonores, textuelles ou audio-visuelles, avec un aspect visuel traité par le trait, le dessin. Ils travailleront à l’écriture des scénarios, en pouvant s’y consacrer “hors-sol” avec la distance nécessaire aux enjeux numériques de cette œuvre, et un accompagnement éditorial et technique sur le développement de l’objet.

L’Hôpital Saint-André prendra ainsi la forme d’un immense corps, d’un vaisseau organique de plusieurs étages, posé dans le centre-ville de Bordeaux. Chaque entretien, chaque texte ou dessin, à la manière des poupées russes, ouvrira d’autres serrures, d’autres portes, à travers des liens textuels. Un corps-texte dépliable à l’infini, par ses arborescences, digressions, précisions, basculements dans d’autres champs, avec un fonctionnement assez intuitif, le même qui est à l’œuvre quand on surfe sur le net, quand un chercheur en bibliothèque rebondit d’auteur en auteur, d’images en images, dans l’infini des connaissances, ou quand la psychanalyse utilise le principe de l’association libre…

En son et en images…


La première chose que je peux vous dire…

La « revue radiophonique », enregistrée en studio à Marseille, puis diffusée sur les ondes de Radio Grenouille et en podcast sur la plateforme Ausha.


Le lieu de résidence

À Marseille, La Marelle dispose de deux appartements indépendants, l’un sur le site de la Friche la Belle de Mai, l’autre à proximité du Palais Longchamp.

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La Marelle
La Friche la Belle de Mai
41 rue Jobin, 13003 Marseille
Tél. 04 91 05 84 72

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