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En résidence de création

Sainte Randonnée
Romy Alizée

■ Septembre 2026
■ Domaine Saint Joseph / Tholonet

Le projet d’écriture

En résidence, Romy Alizée poursuit l’écriture de Sainte Randonnée (titre provisoire), son premier roman.

Randonneuse aguerrie, artiste en galère, travailleuse du sexe proche de la retraite, le cul entre deux classes sociales, la narratrice est traversée par le vertige. Elle ignore pourquoi elle a tant besoin d’aller grimper cette montagne, Pipanoushka. Une montagne quasi verticale, sur laquelle le faux pas est interdit. Elle aurait pu aller ailleurs. Elle aurait pu viser moins haut. Elle se raconte qu’elle apprécie “ marcher pour marcher ”, un pied devant l’autre et on recommence ; qu’elle a besoin d’une confrontation à l’inconnu, à l’inattendu, et surtout de prendre de la hauteur sur ses trente-six années passées sur Terre. Plus elle s’accroche à son but, plus les souvenirs ressurgissent, devenant eux-mêmes des obstacles sur sa route. Tout, absolument tout lui rappelle qui elle est, qui elle croit être. Ses pensées l’orientent ou l’entravent ; chaque rencontre humaine ou non-humaine la fait vaciller face au vide, elle qui est aimantée par un dilemme funèbre : sauter ou rester en vie ? Sur les derniers mètres menant à Pipanoushka, c’est un tout autre itinéraire qui s’impose à elle. 

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Une résidence proposée par Paysage Endormi, le Festival Les Promesses de l’Aube et La Marelle.

Note d’intention de l’autrice

Pendant ce mois de résidence, je poursuivrai l’écriture de mon premier roman qui est une sorte de prolongement de nouvelles publiées ces dernières années. S’y entrelacent un récit d’ascension de montagne (le mont Pipanoushka) et des fragments autobiographiques racontés d’une seule et même voix. Dans mon travail artistique, je m’intéresse au corps, à ce qu’il représente, à ce qu’il permet et déclenche, mais aussi à nos manières d‘entrer en relation avec le monde, analysées par le prisme de l’humour ou de l’absurde.   

Par des expériences physiques engageantes telles que la marche en haute-montagne ou le travail du sexe, que j’ai moi-même éprouvées, je souhaite écrire une trajectoire de jeune femme dont l’existence est guidée par un fort besoin d’intensité et d’érotisme ; une quête qui va la mener jusqu’à sa propre fusion avec la montagne. 

Le lieu de résidence

Le Domaine Saint-Joseph est une ancienne retraite de la Compagnie des Jésuites, nichée dans les collines du Tholonet, face à la montagne Sainte-Victoire. Mondialement célèbre grâce au tableau de Cezanne (Vue du Domaine Saint-Joseph, Metropolitan Museum of Art, New York), ce domaine de 25 hectares demeure toutefois l’un des trésors cachés de la région.
Cet été, exceptionnellement, il ouvre ses portes au public pour accueillir une rétrospective du peintre François Aubrun, qui occupa les lieux entre 1963 et 2009, et y produisit l’essentiel de son œuvre – plus d’un millier de toiles, dessins et aquarelles. Régulièrement exposée en France, en Europe et en Amérique du Nord, cette œuvre unique, à la lisière de l’impressionnisme et de l’abstraction, est à découvrir pour la première fois dans l’intimité de l’artiste, au milieu des paysages qui l’ont inspiré pendant cinquante ans.
Ainsi, déambulant parmi les panoramas et les vestiges majestueux du Domaine (notamment l’ancienne chapelle où Aubrun avait aménagé son atelier), nous découvrons les différentes étapes d’une œuvre intense et sensible, celle de l’un des derniers grands peintres naturalistes du XXe siècle.



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