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En résidence de création

Valérie Cachard
Des mots sur un mur

■ Septembre à novembre 2023
■ La Ciotat

Le projet d’écriture

À partir des traces écrites, dessinées, effacées, barrées sur les murs de Beyrouth en octobre 2019 et dans les mois qui ont suivi, Valérie Cachard souhaite écrire un texte sonore et modulaire qui interrogera l’histoire en marche, les notions de révolte, révolution, conscience, besoin de construction d’une nouvelle mémoire, vie excessive et excès de vie, autocensure, voyeurisme inertie, éjection et souffle.

Note d'intention de l'autrice

Des mots sur un mur est un projet que je porte depuis juillet 2019.
Son point de départ est un dialogue que j’ai eu à l’été 2019 avec un ami auteur Vincent Fontano que j’ai accompagné dans les rues de Beyrouth. Il est venu vivre et comprendre ma ville. Il est venu questionner la notion de pardon dans des zones ayant connu des guerres. Il est reparti avec zéro réponses et bien plus de questions.

– Comment vous avez fêté la fin de la guerre ? Tu t’en souviens ?
– Je ne peux pas m’en souvenir vu que nous ne l’avons pas fêtée.
– Pourquoi vous n’avez pas fêté, je ne comprends pas.
– Moi, j’ai du mal à comprendre le sens de ta question.

Deux mois après le passage de Vincent, des manifestations et un grand mouvement de revendication et d’occupation du centre de la ville a commencé. De nombreux sociologues et historiens ont lu ce mouvement comme une manifestation dicible de la fin de la guerre civile. Ce fut un mouvement de désobéissance civile qui s’est distingué par de la joie, une créativité débordante et un humour décapant. Ce fut un mouvement festif, jeune qui m’a montré que j’ai passé un cap, que je fais partie désormais d’une autre génération que celle qui bouillonne dans les rues.

Au Liban chaque génération souhaite à la suivante de réussir là où elle a échoué à savoir relancer l’économie du pays, obtenir de l’eau, de l’électricité, la sécurité... C’est un mouvement dans lequel j’ai eu du mal à trouver ma place, et dans lequel j’ai été incapable de faire entendre ma voix. Je suis resté à sa périphérie, en écoute et aux aguets. J’ai été d’accord avec ce que ce mouvement exige, ai été capable de l’écrire mais pas de le dire. Je suis descendue dans la rue quand il y a eu besoin de grossir les rangs ou de bloquer les accès au parlement pour empêcher le vote d’une loi qui amnistierait les crimes écologiques et financiers des députés au pouvoir, mais n’ai pas été capable d’initiative propre et n’ai jamais repris les slogans scandés.

J’ai marché à la périphérie, vu, entendu, ai été submergée par les voix qui se sont élevées.
Je les ai collectionnées pendant des mois.

 

Valérie Cachard



Le lieu de résidence

Depuis le printemps 2021, La Marelle a ouvert cette nouvelle « maison », la Villa Deroze, située au milieu des pins, sur les hauteurs de la cité portuaire de La Ciotat. Confiée avec générosité par Danielle Deroze, elle est destinée à accueillir artistes, auteurs et autrices, pour des projets de création qui souvent se croisent ou s’hybrident.

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