Daphné Bérard voit le jour en 1993 dans une montagne. Dans un isolement biographique autant que géographique, son imaginaire émerge de l’observation de l’environnement, des frémissements des végétaux, des mouvements de la terre et de la violence des transformations que l’humain lui impose, parfois.
Avant d’oser se consacrer à la création, elle s’investit dans l’édition et la rédaction (Rmn-GP, Couleurs Contemporaines, WHYTheatre), puis dans l’enseignement du français et des lettres modernes, selon un idéal de transmission qu’elle poursuit aujourd’hui encore dans le cadre d’ateliers d’écriture et de l’accompagnement de projets éditoriaux en école d’art. Suite à une réorientation, elle obtient son DNSEP Art en juin 2024.
Son travail, qui associe écriture et pratiques vidéo, sonores et plastiques, se construit dans une recherche autour de l’appropriation et du recyclage de formes de violence. Tendresse et cruauté s’y tissent dans un rapport d’écoute et de compassion aux lieux et aux êtres, notamment aux entités inertes ou invisibles. Souhaitant laisser le moins de traces possibles, elle prête sa voix à certaines formes d’altérité : lieux, non-humains, objets. Il s’agit de les donner à voir comme des êtres autonomes, parfois compagnons, chargés d’une agentivité propre, et dont elle espère donner à observer le devenir, grotesque ou poétique.