Trois cantates policières

Sylvain Coher

Résidence en février 2014 puis au printemps 2015

Sylvain Coher, sur une proposition de Musicatreize, écrit trois pièces musicales que trois compositeurs contemporains mettent en musique. Elles forment un opéra en forme de suite policière, dont la première partie, La Digitale, est créée à Marseille à La Criée en décembre 2015.
[Texte & musique]

Calendrier

Accéder au calendrier des représentations sur le site de Musicatreize.

 

Le projet de résidence

Sylvain Coher écrit trois livrets d’opéra, et travaille avec trois compositeurs contemporains : Juan Carreño Pablo pour la première partie, La Digitale, Alexandros Markeas pour la seconde, La Douce-Amère, Philippe Schoeller pour la dernière, La Dame d’Onze heures.
En coproduction avec Musicatreize, dirigée par Roland Hayrabedian (à l’origine de l’idée de cette « Cantate policière »), avec L’Opéra de Marseille et La Criée.
Calendrier prévisionnel : Création de La Digitale en décembre 2015 au Théâtre de La Criée.

Argument

Un crime d’honneur, sa transmission d’une génération à l’autre et la tragique éclosion d’une destinée contrariée.

Résumé

Ces trois cantates sont liées à trois femmes (la petite fille, la mère et la grand-mère) et à trois plantes toxiques : La Digitale, La Douce-Amère et La Dame d’Onze heures. Elles présentent trois aspects d’une vengeance familiale, unis par un dénominateur commun : le ressentiment. C’est une construction en triptyque : les cantates 1 et 3 formant les deux pans narratifs de l’histoire, et la seconde leur articulation dans un tableau central où tous les motifs seront présentés.

– La première cantate (La Digitale) dénoue les crimes les plus récents, ceux commis par Flore Withering. L’action se déroule au moment de son interrogatoire. Le crime de sa mère, Garance, vingt années auparavant, y est évoqué comme une piste possible pour comprendre son dénouement.

– La seconde cantate (La Douce-Amère) aborde le traitement médiatique de l’affaire, sur le ton parodique des émissions télévisuelles grand public consacrées aux affaires criminelles. Les trois affaires y sont représentées par divers témoignages et des reconstitutions hypothétiques, parfois loufoques ou superfétatoires. Cette cantate nous décrit plus précisément la vie et le crime de Garance Withering.

– La troisième cantate (La Dame d’onze heures) évoque le crime originel en abordant l’histoire de la grand-mère, Marguerite, jeune comédienne évincée d’une carrière prometteuse par une rivale sans scrupules. Elle offre un éclairage nouveau sur les deux cantates précédentes. Et le point d’origine d’une vengeance qui s’est étendue sur trois générations.

Chacune de ces cantates possède son autonomie propre, par son déroulement, ses conclusions et la singularité du compositeur qui s’en empare. Toutefois, elles sont toutes liées entre elles et peuvent former, dans le cas où elles seraient réunies dans un ensemble opératique, les trois actes d’une seule et même histoire, avec un dénouement final qui les justifie toutes.

« Aux amateurs de polars, aux fous d’opéra, à ceux pour qui le suspense est moteur de vie, à ceux qui aiment la voix dans tous ses états, aux curieux, ceux qui regardent par le trou de la serrure, aux impatients qui attendent avec envie le deuxième tome, aux passionnés des trilogies policières, à ceux qui débutent toujours par le troisième tome pour connaître l’ultime vérité, aux riches qui ont peur de se faire voler, aux pauvres qui ont tout à gagner, aux voleurs, aux gendarmes… Trois cantates policières mises en scène, jouées et chantées pour tous ceux-là et bien d’autres ! Trois compositeurs, Philippe Schoeller, Alexandros Markéas et Juan Pablo Carreño, pour planter le décor sonore de trois opéras de chambre d’une heure chacun environ. Tous d’une génération différente, ils ont le goût de l’insolite, ils se prennent au jeu pour former avec l’écrivain Sylvain Coher un groupe des quatre détonnant. Chaque compositeur est libre du choix de l’instrumentation de l’ensemble instrumental. Le choix des chanteurs se fait en fonction du livret, de l’avancée dans l’histoire… Le public pourra bien sûr entrer par n’importe quel « tome », tenter d’assister aux trois spectacles (qui se donneront séparément à partir de 2015 mais pourront plus tard être joués ensemble), ou n’en voir qu’un. Comme dans toute bonne trilogie, chaque spectacle forme un tout, mais l’envie de voir l’autre devrait être irrésistible ! »

Roland Hayrabedian, directeur de Mucicatreize

Les compositeurs

Juan Pablo Carreño Formé en Colombie, aux États-Unis et en France, il fait ses études de composition à l’Université Javeriana à Bogotá avec Guillermo Gaviria et Harold Vásquez, et au Conservatoire de Paris avec Gérard Pesson, Claude Ledoux, Michaël Levinas, Luis Naón… Il est l’un des fondateurs de l’ensemble Le Balcon. En 2006, il gagne le prix du programme des résidences artistiques du Ministère de la Culture de Colombie et le Fonca du Mexique.
Il participe au cours de composition de Salvatore Sciarrino au centre Acanthes en 2008, où il rencontre également Philippe Hurel, Oscar Strasnoy et Unsuk Chin en 2011. En 2010, il est invité comme compositeur en résidence du Festival Musique sur ciel, dans la région du Tarn en France, festival qui lui commande Golpe en el diafragma. En 2011, il est invité comme artiste en résidence au Centre Intermondes à La Rochelle. Pensionnaire à l’Académie de France à Rome (Villa Médicis) entre les années 2011-2013, il a également été sélectionné à New York pour travailler en 2012 comme compositeur en résidence de l’International Contemporary Ensemble dans le programme ICELab.
Sa musique a été jouée dans plusieurs pays des Amériques et de l’Europe par des ensembles comme l’Ensemble Intercontemporain (EIC), l’International Contemporary Ensemble (ICE), l’ensemble Vortex, quatuor à cordes Manolov, ensemble Multilatérale, ensemble Nodus, le PluralEnsemble, ensemble CG, ensemble Contemporánea de Danemark, l’Instant Donné, Ensemble 3, entre autres. Il a collaboré avec des chefs d’orchestre tels que Ludovic Morlot, Jean Deroyer, Fabián Panisello, Maxime Pascal, Ricardo Jaramillo, Kanako Abe, Jean-Philippe Wurtz, Pierre Strauch, César Leal, Zsolt Nagy…

Alexandros Markéas Né à Athènes en 1965, il est compositeur et pianiste. Il a étudié au Conservatoire National de Grèce et au Conservatoire National Supérieur de Paris (il y enseigne actuellement l’improvisation) Il s’intéresse aux langages des musiques traditionnelles et privilégie les rencontres avec des musiciens improvisateurs de cultures différentes. Il s’inspire également de différents domaines d’expression artistique, tels que sont l’architecture, le théâtre, et les arts plastiques (installations, événements, vidéo, web) pour chercher des alternatives au concert traditionnel et créer des situations d’écoute musicale particulières. Ses pièces sont marquées par un esprit théâtral et par l’utilisation de techniques multimédia.

Philippe Schoeller Il étudie le piano avec Jean-Claude Henriot, l’harmonie et le contrepoint avec Béatrice Berstel, le chant choral dans le chœur Bach de Justus von Websky, s’initie à la direction d’orchestre avec Gérard Dervaux à l’Ecole Normale de Musique de Paris, et à l’analyse avec Robert Piencikowski. De 1982 à 1986, à Paris, il suit les cours de Pierre Boulez au Collège de France ainsi que les masters classes de Franco Donatoni au conservatoire et les cours libres de Iannis Xenakis à l’École des hautes études. Ses rencontres avec Helmut Lachenmann lors d’une conférence en 1985 à Paris, Henri Dutilleux à Tours en 1990 et Elliott Carter en 1983 seront les plus marquantes. Il enrichit également sa formation de musicien par des études en musicologie et en philosophie à l’Université Paris-Sorbonne.
Il donne de nombreuses conférences et enseigne l’analyse et la composition au Conservatoire national supérieur de musique de Lyon. Il anime également des master classes au Conservatoire national de Coppenhage en 2004, à la Hochschule de Hannovre en 2004 et à l’Ircam en 2005. Il suit le stage d’informatique musicale à l’Ircam avant d’y réaliser d’importants travaux sur la synthèse sonore dans le but d’élaborer une nouvelle lutherie en accord avec la lutherie traditionnelle.
Le style de Philippe Schœller pourrait être associé à des vocables comme couleur, transparence, subtilité, mais aussi énergie, souplesse, mouvement et forme organique. Son écriture, allant de l’œuvre solo extrêmement dépouillée — Hypnos linea (2007) — au très large orchestre — Ritualis Totems (avec chœur, 2007) ou les plus récents Songs from Esstal, I, II et III(créés au festival ManiFeste 2013, par Barbara Hannigan et l’Orchestre de Radio France) —, témoigne d’un grand soucis du détail et d’une certaine quête de vertige, propre à sa passion pour les « perceptions texturales » — vagues, flux des vents dans les roseaux, dans les futaies, vols d’étourneaux, nuages ou galaxies d’événements de la nature vivante.
Ses œuvres sont données dans le monde entier. Il est lauréat du concours international de composition Antidogma de Turin en 1984, du Prix Henri Dutilleux de Tours en 1990, de la Fondation Natixis – Banque Populaire – Crédit National en 1993-1997, du Prix Paul Gilson à l’unanimité en 2001 pour Totems et du Prix de la meilleure création instrumentale décerné par la Sacem en 2009 pour Tree to Soul, qui lui décerne aussi en  2012 le Prix de la meilleure musique de film pour L’exercice de l’état. Deux publications discographiques reçoivent le « Coup de cœur » de l’académie Charles-Cros. Source : Ircam

La résidence de Sylvain Coher est aidée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône dans le cadre du Dispositif départemental de résidences d’auteurs, d’illustrateurs ou de traducteurs.

 
Pour aller plus loin
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