La première chose que je peux vous dire… #8

Rozenn Guilcher

La revue de La Marelle – Février 2016

La première chose que je peux vous dire, il faudra ne pas s’en souvenir. Ça sera un mot nu comme un bonjour ou quelque chose avec les yeux. Ça sera un geste de la main, une énergie dans la voix. La première chose, c’est toujours une échappée. C’est quelqu’un d’autre venu de moi qui le prononce. La première chose, c’est moi tout entière et je ne le sais pas.

Au sommaire de ce numéro 8

Texte inédit
Le Paradis ? de Rozenn Guilcher

Le « questionnaire » décalé

– Un auteur fétiche et pourquoi ?
– Un oloé* ? 
– Une bonne résolution pour cette résidence à La Marelle ?

* oloé : « espaces élastiques où lire où écrire ». Mot créé par Anne Savelli dans son livre Des oloé (D-Fiction, 2011), et repris depuis par de nombreux auteurs et lecteurs.

Biographies et travaux de Rozenn Guilcher

Éditorial 

« J’ai eu envie de me plonger dans Marseille. D’abord parce que cette ville me fait peur. Trop grande, trop bruyante, trop agitée. J’ai eu envie de venir là, de m’installer. De regarder les gens partir dans des trains.
J’ai eu envie d’apprivoiser quelque chose comme une idée de l’homme. Promener son cœur dans l’aridité des villes. Promener son corps rond dans la brisure des rues. Le monde dans ma tête est plus doux. Le monde de ma tête est un chant fredonné dans des lits. De là est née une écriture poétique qui questionne la place de l’homme dans la ville, l’errance, les traversées.

Cœur éphémère s’écrit comme un roman poétique qui parle de Marseille, de Brest, de toutes les villes, de ce qu’il y a entre les villes, d’un voyage, d’une distance, d’une façon de se perdre. Instants qui nous composent, souvenirs, cassures, bouts de vie. Petites choses glanées en marchant : un sourire, un mot, une main passée dans les cheveux, une lumière. Une mamie sur un banc, un chat, une eur au bord de l’autoroute. Une poésie de l’instant, une façon de s’asseoir, une petite voix dans la tête, une escapade, une douleur de vie, une recherche, une noirceur, une route, une perte, une couleur derrière les yeux, une question, une douceur, une brèche, une révélation. Cœur éphémère, c’est aussi l’écriture d’une adolescence. L’écriture d’une féminité naissante et pourtant morcelée. C’est une voix, une voix féminine qui nous parle. Une voix adolescente. Celle qui parle, elle parle de ça. L’adolescence mais surtout, surtout l’enfance derrière.

Et puis j’ai eu envie de lire ce texte, de le donner par la voix et par un corps de danseur. Donner corps à la matière écrite. J’ai eu envie d’une mise en perspective de ce texte. Un lecteur, un danseur, un musicien. Dialogue. Que racontent-ils qui modi e le texte ?

Amplifier, détourner, chuchoter, décaler, corriger, digérer, fragmenter, inventer, questionner, délirer, mâcher, rugir, enrichir, déplacer, jouer, chanter, danser, malaxer, s’approprier, soupirer, piétiner, oublier, crier, répéter, élaborer. Une conversation ?

Une résidence en deux temps : écrire Cœur éphémère (roman poétique) / donner à entendre et à voir le texte. »

Rozenn Guilcher

Image de couverture :
« Cercle noir » Encre sur papier  © Rozenn Guilcher 2015

2 euros – ISSN 2274-3154
Envois courrier et abonnements sur simple demande auprès de La Marelle

 

La première chose que je peux vous dire… est aussi une revue radiophonique, diffusée chaque dernier dimanche du mois sur 88.8 fm Marseille. Une coproduction La Marelle / Radio Grenouille. Voir aussi la page de l’émission.
Écouter la revue sur Radio Grenouille (première diffusion mercredi 29 mars 2017)

 

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