La première chose que je peux vous dire… #7

Matthieu Duperrex

La revue de La Marelle – Janvier 2016

La première chose que je peux vous dire n’est pas celle que je voudrais vous dire si j’avais de la parole cette maîtrise parfaite qu’ont les sages pour se taire et être toutefois entendus et compris. Mais puisqu’il nous faut un début à notre relation, la première chose que je peux vous dire est que je viens en ami.

Au sommaire de ce numéro 7

 

Texte inédit
Unauthorized Entry of a Critical Infrastructure, de Matthieu Duperrex

Le « questionnaire » décalé

– Un auteur fétiche et pourquoi ?
– Votre a priori sur Marseille
– Une bonne résolution pour cette résidence à La Marelle ?

Biographies et travaux de Matthieu Duperrex

 
Éditorial 

Après Jean-François Magre en 2013, Martin Page et Samuel Jan en 2014, Matthieu Duperrex est le lauréat 2015 de l’appel à projets pour une résidence d’écriture numérique organisé chaque année par La Marelle, en association avec Alphabetville et Le bec en l’air. Le jury a apprécié la richesse de son projet, Sédiment(s) , qui s’inscrit dans la démarche ambitieuse du collectif Urbain, trop urbain dont il est cofondateur : saisir les métamorphoses actuelles de la ville, des territoires occupés par les hommes, par des pratiques artistiques et culturelles résolument subjectives, qu’elles soient poétiques ou réflexives.

Sa résidence, destinée à terme à la publication d’un livre numérique, explore une « archéologie » du sédiment qui s’écrit par la mise en écho de deux territoires distincts, éloignés l’un de l’autre, le delta du Mississippi et celui du Rhône. Cultures, mouvements migratoires, temps du sol et temps des hommes, modes de vie menacés, érosions… L’écriture y sera poétique, alternant mélancolie et puissance de vie, et s’appuiera sur une enquête de terrain et des outils numériques. Ainsi, durant six semaines, de nombreux voyages seront effectués entre la villa des auteurs à la Friche la Belle de Mai et la Camargue ou la zone industrielle de Fos-sur-Mer.

La Marelle est heureuse d’accueillir cet auteur tout à la fois artiste et philosophe, marcheur et chercheur, enquêteur et rêveur. Le désir de Matthieu Duperrex de se mêler aux territoires – artistique, géographique, intellectuel – et de mixer les genres et les supports, ne pouvait que nous séduire. Elle répond à notre envie de proposer un espace de travail et d’expérimentation où se croisent les formes artistiques. Mais à l’écriture narrative et poétique envisagée, Matthieu Duperrex ajoute la perspective sociologique et le questionnement théorique… faisant parfois surgir avec bonheur des moments de pure fantaisie ! C’est donc la promesse d’une résidence riche et multiple, où la langue elle-même sera sédimentaire.

Pascal Jourdana

 

Photo de couverture :
Matthieu Duperrex en « rougarou » (le loup-garou en cajun de la Louisiane française) © D.R.

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