La première chose que je peux vous dire… #13

Philippe Malone

La revue de La Marelle – novembre 2016

La première chose que je peux vous dire est la préciosité du temps, celui-là précisément offert dans un écrin lors d’une résidence et dont on conserve la clef jalousement, pour qu’il ne s’évapore pas, pour le maintenir à soi, un temps précieux qu’il sera d’autant plus facile à offrir qu’il ne se cabre pas, qu’il ne file ni se défile à la moindre injonction, au plus petit courant d’air, un temps fidèle.

Au sommaire de ce numéro 13

Texte inédit
Sweetie, de Philippe Malone.

La première chose que je peux vous dire
La première chose que je peux vous dire est la préciosité du temps, celui-là précisément offert dans un écrin lors d’une résidence et dont on conserve la clef jalousement, pour qu’il ne s’évapore pas, pour le maintenir à soi, un temps précieux qu’il sera d’autant plus facile à offrir qu’il ne se cabre pas, qu’il ne file ni se défile à la moindre injonction, au plus petit courant d’air, un temps fidèle.

Le « questionnaire » décalé
– Un son ou une musique ? « Elle sera plutôt répétitive »
– Un auteur fétiche ? « Pas d’auteurs fétiches […] Des compagnons de route »
– Un toc de langage ? « « Écoute », comme s’il ne suffisait pas de parler »

Biographies et travaux de Philippe Malone

 

Éditorial

Les textes de Philippe Malone sont inclassables. « Rangés » dans la catégorie « théâtre » par commodité éditoriale (néanmoins bien-fondée : ces voix, ces corps, s’adressent à un auditeur / lecteur / spectateur), ce sont avant tout des poèmes, des monologues, des imprécations, des envolées enragées, des mises à nu du langage, tout cela à la fois ou alternativement. Le théâtre est pour lui davantage un « lieu » d’écriture, un espace où s’expérimentent des formes et des tons, des rythmes et des chocs. Le personnage n’en est pas le point central, ni l’intrigue : c’est du verbe qu’il s’agit.

Et pourtant, cela « nous parle », comme on dit : de nous, de notre monde, de notre quotidien. Car c’est avec force et justesse que de ces mots enchevêtrés, de ces phrases chaotiques, jaillissent des questions « sociétales » brûlantes (le travail et ses violences, les menaces de guerre, le paradoxe des dictatures arrivant par les urnes), et s’ouvrent des gouffres ontologiques (la vacuité du quotidien, la peur de l’humiliation, les harcèlements physiques ou moraux, la peur de la guerre)…

Pour cette résidence, Philippe Malone travaille sur deux projets, dont l’un, Sweetie, consiste en une longue phrase paranoïaque sur une fin de règne, à partir de la figure d’une dictatrice qui parle de « son » peuple comme des enfants. Il est aussi notre deuxième écrivain « fil rouge ». Le principe ? Un auteur accueille durant une partie de son séjour un autre auteur de son choix, avec l’idée de passer du temps ensemble, de dialoguer, parfois d’écrire sur un projet commun… Son hôte sera ensuite un futur résident de La Marelle. Invité par Emmanuel Darley en 2014, Philippe Malone convie à son tour Claudine Galéa, qui effectuera une résidence à La Marelle en 2018. Par ce fil rouge, certains auteurs deviennent donc programmateurs : en toute justice, puisque ce lieu est le leur !

Pascal Jourdana
directeur artistique de La Marelle, novembre 2016

 

2 euros – ISSN 2274-3154
Envois courrier et abonnements sur simple demande auprès de La Marelle

 

La première chose que je peux vous dire… est aussi une revue radiophonique, diffusée chaque dernier dimanche du mois sur 88.8 fm Marseille. Une coproduction La Marelle / Radio Grenouille. Voir aussi la page de l’émission.

Écouter la revue sur Radio Grenouille (première diffusion dimanche 27 novembre 2016) 

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