La première chose que je peux vous dire… #11

Sylvie Germain

La revue de La Marelle – septembre 2016

La première chose que je peux vous dire c’est que je vais arpenter les rues de Marseille à pied et que pour moi, avec tout ce qu’il y aura à regarder, à découvrir, à translater ensuite dans la mémoire et dans l’imaginaire, et seulement deux jambes et mes cinq sens plus un sixième à mettre en éveil, ce sera une vraie source de vie quotidienne, avec tous les imprévus, les coups de fatigue et d’enchantement.

Au sommaire de ce numéro 11

Texte inédit
Lieux-dits, de Sylvie Germain.

La première chose que je peux vous dire
La première chose que je peux vous dire c’est que je vais arpenter les rues de Marseille à pied et que pour moi, avec tout ce qu’il y aura à regarder, à découvrir, à translater ensuite dans la mémoire et dans l’imaginaire, et seulement deux jambes et mes cinq sens plus un sixième à mettre en éveil, ce sera une vraie source de vie quotidienne, avec tous les imprévus, les coups de fatigue et d’enchantement.

Le « questionnaire » décalé
– Un coup de cœur artistique ? « Crosswind – La croisée des vents »
– Un auteur fétiche ? « Pas d’auteur « fétiche » […] Mais des auteurs que j’admire… »
– Une bonne résolution pour cette résidence à La Marelle ? « Je préfère […] rester prudente… »

Biographies et travaux de Sylvie Germain

 

Éditorial 

La Marelle est heureuse d’accueillir une invitée exceptionnelle en la personne de Sylvie Germain. Auteure d’une œuvre dense et multiple, couronnée par de nombreux prix littéraires, elle vient de recevoir le prestigieux Prix Cino del Duca 2016 – deuxième prix littéraire international après le Nobel – qui récompense un auteur de langue française dont l’œuvre constitue, sous forme scientifique ou littéraire, un message humaniste. On ne pouvait mieux l’honorer, car ses livres affirment, en effet, sa confiance inébranlable dans les valeurs humaines, sa passion de ce qui fait la force et le mystère des hommes, qu’ils s’agissent de romans, comme Magnus, le récit d’un personnage en quête d’identité, ou d’essais, comme Rendez-vous nomades, une interrogation sur la foi.

Mais son regard est lucide et dénué de naïveté, il n’occulte ni la noirceur, ni le mal, ni la souffrance. Car Sylvie Germain prend les choses «de face», et les affronte avec les armes de la langue. Son attention extrême au langage, à la vibration des mots, est semblable en effet à sa quête de ce qui meut l’être humain. Elle y révèle des passages secrets, des souterrains, des mouvements mystérieux, des labyrinthes. La langue, pour elle, est plus que le reflet de la nature humaine, elle en est le réceptacle, le creuset.

Pour son projet de résidence à Marseille, Sylvie Germain, accompagnée du photographe Tadeusz Kluba, se propose de même d’interroger la ville par «en-dessous», en s’intéressant à « ses trous de mémoire » (caves, grottes, anciennes carrières, cryptes…), à ses marges, à ses creux… Il est rare que des auteurs de cette envergure ressentent le besoin ou l’envie d’effectuer une résidence d’écriture, de sortir ainsi de leur territoire familier pour s’emparer d’un «lieu-temps» nouveau, pour explorer d’autres territoires. Et pour cela aussi, nous la remercions, et la saluons.

Pascal Jourdana
directeur artistique de La Marelle, septembre 2016

 

La Marelle remercie très chaleureusement Tdeusz Kluba pour ses photos.

2 euros – ISSN 2274-3154
Envois courrier et abonnements sur simple demande auprès de La Marelle 

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