Perspectives / Mouna et Zaha Hadid

Mouna possède un beau visage aux traits fins et doux.
Ce que nous raconte Mouna est pourtant très difficile : une tuberculose osseuse qui l’a laissée tétraplégique durant deux ans. […]

Mouna possède un beau visage aux traits fins et doux.

Ce que nous raconte Mouna est pourtant très difficile : une tuberculose osseuse qui l’a laissée tétraplégique durant deux ans. C’est survenu juste après son mariage, et le bébé s’est annoncé dans le même temps. Il y a eu cette crainte terrible, que l’enfant naisse avec une malformation, à cause des antituberculeux qu’elle ingérait. Mais en Algérie, elle ne pouvait que garder son enfant.

Sa fille est née sans aucun souci de santé. Un miracle qui a maintenant presque trois ans.

Pendant que sa fille grandissait, elle a dû subir deux interventions, et entamer une longue convalescence. Une des opérations lui a laissé des séquelles importantes. Elle vient en France pour consulter des chirurgiens à Bordeaux mais aussi à Lyon. Elle aimerait que ses douleurs intolérables cessent, et devenir capable de se déplacer plus aisément. Elle craint d’être renvoyée en Algérie car son visa touristique arrive à expiration.

En Algérie, elle est architecte, elle a présenté son diplôme à l’école de Tizi Ouzou en concevant un projet de stade olympique gigantesque, un stade de 25 000 places.

Elle espère reprendre son métier, elle continue à esquisser des plans, à rêver à de nouveaux bâtiments, et s’intéresse plus particulièrement au courant architectural déconstructiviste.

L’architecte qui l’inspire le plus, c’est une femme bien sûr : Zaha Hadid, première femme titulaire du prix Pritzker, Nobel de l’architecture.

On doit à Zaha la plus haute tour de Marseille qui culmine à cent quarante-sept mètres, le nouveau phare phocéen.

On souhaite à Mouna de dénicher le chirurgien idoine qui pourra la remettre sur pied, et à ses mains, la liberté retrouvée, pour dessiner des architectures rêvées.