Partenza per Marsiglia / Départ pour Marseille

L’aereo sta per staccare l’ombra da terra, ma è come se fossi partito già da una settimana. Mi capita sempre di partire da Venezia in anticipo rispetto al giorno del decollo. Si tratta di residenze di scrittura e ogni volta come minimo è un mese. Tocca organizzarsi. Questa volta saranno due mesi e mezzo, il più lungo, finora. Rientrerò a Venezia il 9 giugno, dopo avere trascorso un mese a Marsiglia, un altro mese ad Arles, qualche giorno a Arras e dieci a Parigi. Per via della durata, allora, sono « partito » ancora prima, anche se poi riesco sempre — forse proprio grazie a questa partenza differita — a restare ancor più ancorato ai sentimenti, alla famiglia.

Residenze di scrittura, che poi è lavoro, sono pagate, e tu devi produrre. A tuo piacimento, un romanzo in progress, o un progetto più puntuale, come potrebbero essere queste righe, per esempio.

Questa volta ritorno a distanza di qualche mese nella stessa città dove sono già stato nel mese di ottobre dell’anno scorso. Marsiglia. Sapevo già allora di questa seconda parte (la borsa del Centre National du Livre mi era stata confermata) e perciò non ho mai staccato del tutto, continuato a leggere i giornali locali (La Provence e il mio amato La Marseillaise, il giornale dove scriveva Jean-Claude Izzo), controllato pressoché quotidianamente il meteo (provando spesso una sana invidia per una città che ha più di trecento giorni di sole all’anno) e seguito le elezioni amministrative di qualche giorno fa con annessa campagna elettorale. Si tennero proprio a ottobre le primarie del Parti Socialiste marsigliese ed entrambi i candidati giunti al ballottaggio non mi convincevano per niente e non hanno convinto nemmeno. I marsigliesi che hanno riconsegnato la città al sindaco di destra che la amministra dal 1995. Ancora non ho capito, poi, se la Friche, il centro culturale dove si trova Villa La Marelle, la residenza per gli scrittori, se la quartiere della Belle de Mai, è inserita nel settore vinto dal Front National, il partito di estrema destra guidato da Marine Le Pen. Sarei a disagio, lo fosse.

È davvero incomprensibile come quei quartieri popolari, multietnici, poveri, abbiano votato per un partito che vede gli abitanti di quei luoghi come la causa di tutti i mali. Ma il male è diffuso. Tira una brutta aria in Europa.

Pochi giorni fa nella mia regione, il Veneto, dei sedicenti indipendentisti veneti hanno tenuto referendum on line, (fasullo, io stesso ho votato due volte, con due nomi inesistenti e due numeri di carta d’identità inventati), referendum cui secondo loro hanno partecipato due milioni di persone e il Corriere della Sera analizzando i dati, incrociando indirizzi ip, ha scoperto che al voto sono andati non più di centomila e di quei centomila chissà quanti come me, hanno votato più volte falsando del tutto i risultati. Molti di quei promotori sono stati ieri arrestati con l’accusa di terrorismo. Stavano costruendo un carro armato per andare a « radere al suolo » delle banche e « invadere » Piazza San Marco. Dei deficienti, insomma, intenzionati però a comprare armi dalla mala albanese.

Stiamo atterrando. (À suivre).

L’avion s’apprête à détacher son ombre du sol, mais c’est comme si j’étais parti depuis une semaine déjà. Il m’arrive souvent de quitter Venise avant le jour du décollage. À l’occasion de résidences d’écrivain, qui durent chaque fois au minimum un mois. Il faut s’organiser. Cette fois-ci il s’agira de deux mois et demi, la plus longue, jusqu’à présent. Je rentrerai à Venise le 9 juin, après avoir passé un mois à Marseille, un autre à Arles, quelques jours à Arras et dix à Paris. Alors, en raison de la durée du séjour, j’ai « quitté » Venise encore plus tôt, même si par la suite je parviens toujours – peut-être justement grâce à ce départ décalé – à rester encore plus attaché aux sentiments, à ma famille.

Les résidences d’écrivain, qui après tout forment une partie de mon travail, sont rémunérées, et il faut y produire quelque chose. Ce qu’on veut, poursuivre un roman en chantier ou entreprendre un projet plus ponctuel, comme ces lignes, par exemple.

Cette fois je reviens quelques mois plus tard dans une ville où j’ai déjà passé un mois, en octobre dernier. Marseille. Je savais déjà à ce moment-là que je ferai cette seconde partie de résidence (on m’avait confirmé la bourse du Centre National du Livre), et pour cette raison je n’avais pas vraiment coupé les ponts, j’ai continué à lire les journaux locaux (La Provence et ma chère Marseillaise, le journal dans lequel écrivait Jean-Claude Izzo), j’ai regardé presque quotidiennement la météo (éprouvant souvent une saine jalousie pour une ville qui a plus de trois cents jours de soleil par an) et j’ai suivi les élections municipales d’il y a quelques jours, avec la campagne électorale qui l’accompagnait. C’est en octobre dernier précisément que se sont tenues les primaires du parti socialiste marseillais et aucun des candidats qui se présentaient ne m’avait convaincu, ils n’ont visiblement pas non plus convaincu les Marseillais qui ont à nouveau confié la ville au maire de droite qui l’administre depuis 1995. Je n’ai d’ailleurs toujours pas compris si la Friche, le centre culturel où se trouve la Villa La Marelle, la résidence pour les écrivains, dans le quartier de la Belle de Mai, fait partie du secteur remporté par le Front National, le parti d’extrême droite dirigé par Marine Le Pen. Je n’aimerais vraiment pas que ce soit le cas.

C’est tout à fait incompréhensible que ces quartiers populaires, multiethniques, pauvres, aient voté pour un parti qui voit dans les habitants de ces endroits la cause même de tous les malheurs. Mais le mal est diffus. Il souffle un air mauvais sur l’Europe.

Il y a quelques jours, dans ma Région, la Vénétie, des adolescents indépendantistes vénètes ont organisé un référendum en ligne (factice, moi-même j’ai voté deux fois, avec deux noms inventés et deux numéros de carte d’identité imaginaires), référendum auquel, selon eux, ont participé deux millions de personnes. Le Corriere della Sera a analysé les résultats en recoupant les adresses IP, et a établi que cent mille personnes, pas plus, ont participé au vote, et sur ces cent mille qui sait combien, comme moi, ont voté plusieurs fois, faussant complètement les résultats. Un certain nombre des organisateurs de ce vote ont été arrêtés hier, pour terrorisme. Ils tentaient de construire un char d’assaut pour « raser totalement » des banques et « envahir » la place Saint Marc. Des imbéciles, en somme, mais bien décidés à acheter des armes à des truands albanais.

Nous atterrissons.  (À suivre).

Traduit de l’italien par Silvio Florio

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