If

Marie Cosnay

Résidence du 6 juillet au 29 août 2016

Partir d’If, ce rocher de la Méditerranée presque vide mais empli d’histoires aussi bien réelles qu’imaginaires, aller vers la ville immense qui lui fait face, puis élargir le cercle géographique et historique, au Sud de la France, à la mer, à l’Algérie…

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           • Polychronies avec Vincent Houdin (basse)
           • dans la revue La première chose que je peux vous dire…

ailleurs
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     > Des aubes particulières sur le site de la Maison des écrivains

« If.
Étymologie de If, le nom de l’île, le nom du château.
Histoire du rhinocéros offert par le roi du Portugal au pape et qui fait escale sur l’île. Rhinocéros venu d’Inde.
Géographie.
La carte.
Le château : ce à quoi il mène dans la fiction.
Le Comte de Monte Cristo, bien sûr.
Le thème de l’enfermement impossible à combattre et pourtant Dantès sortira, imitant un mort.
La source même de la fiction : une chambre fermée dont on ne peut pas sortir et en sortir pourtant. La vie malgré la mort.
Autour du Comte de Monte Cristo : le prof de violoncelle, qui juge que je n’ai pas d’oreille et préfère que j’arrête la musique, m’offre ce livre pour me consoler.

Le château : ce à quoi il mène dans l’Histoire.
Île et prison.
Isolement.
D’autres prisons.
Des prisonniers célèbres : Blanqui, les luttes sociales au XIXe.
Crémieux (on commence à tirer le fil de l’Algérie).
Hobsbawn, les primitifs de la révolte dans l’Europe moderne.
Un autre prisonnier célèbre mais ailleurs (dans un autre château, celui de Pau), qui va décidément faire le lien avec l’autre côté de la Méditerranée : Abd el Kader.
L’histoire. Sa part de légende.
Benjamin Stora.
Pierre Daun.
Todd Shepard.

Autour de l’Algérie : la découverte, quand j’étais enfant, à cet âge où je lisais le Comte de Monte Cristo offert par mon professeur de violoncelle, d’un album photos, sur lequel, à côté d’un palmier de cuir un peu soulevé, on lisait en lettres dorées : souvenirs d’Algérie.
Cet homme (X) qui n’a pas fait cette guerre alors que ses camarades, oui.
Drame personnel (perte d’enfants) en 1962 et confusion entre l’Algérie 62 et le drame intime vécu par X.
Dates et liens.
Cet homme (Y) fils de harki.
L’arrivée à Marseille en 62 de la famille de cet homme (Y), lui avait 7 ans.
Le changement de nom opéré : un nom francisé, un nom coupé.
Le nom ou la question du nom, au centre.
On va voir comment.
Cet homme (Z), frère de Y, revenu de loin, rendu mutique, est celui qui révèle le véritable nom. 

Les événements qui ont suivi la guerre France-Prusse.
L’installation de colons nombreux en Algérie, ceux qui ont perdu leurs terres en Alsace Lorraine. La Commune de Paris, après le siège de Paris.
Un communard envoyé après la répression de la Commune dans le sang en déportation et, avant déportation, au château d’If.
1962.
L’OAS.
Les condamnés de l’OAS. Cette anecdote qu’un ami (P) me raconta : quelqu’un de sa famille, prisonnier de l’OAS au château d’If (encore une prison en 62 ? D’après l’ami, oui, occasionnellement en tout cas), trouva sur les murs du cachot son propre nom gravé sur les murs. C’était celui d’un parent 1870, qui s’était engagé lors de la Commune de Paris (de Paris ? Ou de Marseille (23 mars 1871) se retrouvait ici en attente de déportation. 

La réunion en un lieu d’enfermement (lieu mythique) de deux temps, de deux espaces, de deux choix de vie bien différents, à partir des mêmes conditions de vie. »

Marie Cosnay