Chargement Événements

« Tous les Événements

  • Cet Événement est passé

Écoles marseillaises : attention travaux ! [épisode 2]

vendredi 10 mai, 15h00 à 16h00

| Gratuit
La scénariste Mariannick Bellot est venue à Marseille enquêter pour l’écriture de cette histoire, diffusée vendredi 3 mai et vendredi 10 mai 2019, dans l’émission Affaires sensibles sur France Inter, présentée par Fabrice Drouelle, produite par Christophe Barreyre et réalisée par Laurence Courtois, avec qui nous avons conçu ce projet. En résidence à La Marelle, Mariannick a enquêté, recherché des témoignages, rencontré des témoins, assisté à l’émergence de collectifs citoyens mobilisés pour lutter et construit ainsi son scénario à partir du réel et d’une actualité très présente…
 
Cette fiction est, comme toujours dans cette émission, suivie d’un débat.
 

Le deuxième épisode débute par une « réunion de concertation (?) » à la Direction Générale des Services, Métropole de Marseille.

Écoles marseillaises : attention travaux ! Épisode 2 : à écouter sur France Inter.

 

Extrait du scénario

Séquence 1.

Bureau

Narrateur : Vendredi 14 décembre 10h, bureau de la Directrice Générale des Services, Métropole de Marseille

Honorine : Non mais là, vous me mettez au pied du mur. J’avais accepté de rencontrer M. Paul André Van Beckers en tant que représentant de l’ordre des architectes, et voilà que vous venez à 4. Ce n’est pas du tout la même chose. Vous, madame…

Nathalie : Nathalie Drouin, présidente de la CAPEB, du syndicat des artisans, PME et TPME Rhône Alpes,

Honorine : Oui, d’accord, je comprends pourquoi vous êtes là ;

Béatrice : Béatrice Da Silva, syndicat enseignant, et directrice d’école,

Hicham : Hicham Sertaoui, parent d’élève.

Honorine : Parent d’élève. On est là pour avoir une discussion technique. Je veux bien répondre à vos questions, mais pas revenir sur le B A BA de comment se passe la construction d’un bâtiment public comme une école, a fortiori de plusieurs écoles, pour une collectivité. 

Hicham : Ne vous inquiétez pas, j’ai plutôt bien suivi le dossier (euphémisme)

Honorine : Quant aux syndicats d’enseignants, votre point de vue est toujours très bienvenu, sur l’utilisation des locaux, les petits coins lecture, tout ça… Mais c’est la même chose que pour Monsieur Hichaoui (elle se trompe volontairement)

Hicham : Sertaoui

Honorine : Ici on s’occupe de ces questions du point de vue macro, avec une vue d’ensemble très élargie, je dirais même une vue d’avion qui englobe toute la métropole.

Béatrice :Moi dans mon école maternelle, les faux plafonds se sont écroulés sur le petit coin sieste, alors ça nous donne tout à fait envie d’étudier ces vues d’avion.

Paul André (apaisant) : Ce que veut dire Béatrice (Da Silva), c’est que nous sommes tous concernés par ce qui se passe pour nos enfants. 

Honorine : (Vous n’avez pas le monopole du cœur) : tous nos services se sentent très concernés par l’état de nos écoles, ici à Marseille. Et justement, nous mettons en œuvre des solutions, que vous et votre collectif cherchez à annuler purement et simplement.

Nathalie : Nous recherchons les meilleures solutions possibles, tout comme vous, et nous ne sommes pas certains que vous ayez eus tous les éléments d’information. 

Paul André : Nous, en tant qu’architectes, on est concerné au premier chef. Dans une MOP, maitrise d’ouvrage public, l’architecte est en contrat avec la ville de Marseille, vous imaginez bien que c’est dans notre code de déontologie de défendre les intérêts des citoyens.
Dans un PPP, nous travaillons directement pour l’entrepreneur, Bouygues, Vinci, Eiffage… Quand on est rémunéré par une major, et j’ai des exemples concrets, l’architecte n’est pas en position de s’opposer.
Le bien public est moins bien défendu.

Honorine : En tous cas, notre dossier de financement de la construction de 34 écoles, ce qui n’est pas rien, avec un PPP, a été validé par les services spécialisés du ministère de l’économie et des finances.

Paul André : Justement…

Honorine : Et je peux vous dire que ce dossier, je l’ai monté moi-même, et j’y ai apporté le plus grand soin, (car j’y suis très attachée).

Béatrice : Nous vous en sommes tous reconnaissants

Honorine (elle lui coupe la parole) :  C’est pour cela que j’ai accepté de vous recevoir aujourd’hui. Monsieur le Maire a bien senti une inquiétude démesurée chez ses concitoyens au sujet du Partenariat Public Privé concernant les écoles dites Pailleron, et j’espère que cette discussion va permettre de retrouver un climat sain dans cette ville. 
Bien. Vous prenez du café ? Sucre ? Lait ?

(réponses spontanées)

Honorine (elle appuie sur un micro d’ordre) : Kevin, vous m’apporterez 4 cafés dont un allongé. Avec les petits macarons s’il vous plait. 

[…]

 

La Marelle remercie Laurence Courtois et Christophe Barreyre.