Autosurveillance #8

J’apprends peu à peu à distinguer les différents sons de la Villa. Depuis que le vent s’est levé (je l’attendais, on m’en avait parlé, me prévenant de bien fermer les volets et même d’insérer les barres en cas de mistral, car ici le vent ce n’est pas le vent mais le mistral), le hululement de la fenêtre du salon reprend et je comprends qu’il y a aussi des batailles de chats, que l’un n’empêche pas l’autre. Les chats en question se taisent immédiatement quand j’ouvre la fenêtre et me regardent avec un air gêné. N’ayant pas la fibre animale, je me contente d’une vague tentative d’approche en sifflant façon R2D2 dans Star Wars.

Je voulais écrire autre chose quand je me suis lancée sur ce passage inutile sur le vent et les chats et je viens d’oublier quoi.

Les nouvelles pages écrites ces derniers jours confirment que j’essaie de tisser autour de mon personnage une toile de perceptions, ou disons un réseau littéraire, terme plus à la mode. J’en parle à D., qui connaît bien les réseaux et autres structures dynamiques. Mais il est préoccupé par ses propres travaux, la conversation glisse sur des considérations plus techniques, quotidiennes.

Ce soir, c’était la nuit de la lecture. Un bus m’a emmenée de la Friche au FRAC où j’ai retrouvé notamment les équipes de la Marelle, de la bibliothèque Alcazar et du FRAC bien sûr, ainsi que R. et A. Nous nous relayons en lisant différents textes : « Le Poids de la neige », de Christian Guay-Poliquin, « L’histoire d’un ruisseau », d’Elisée Reclus, « Vivre près des tilleuls » du collectif l’Ajar, la nouvelle traduction de l’œuvre de Rabelais chez Arléa, par Claude Pinganaud, et puis « If » de Marie Cosnay, des textes d’Antoine Volodine, (il sera à Marseille en mars), Julia Deck et Joël Bacqué, qui nous font particulièrement rire. Arrivent Eduardo Berti et Monobloque, ils viennent d’Aix en Provence où avait lieu le vernissage de leur exposition issue de leur livre écrit à la Marelle, « Inventaire d’inventions inventées » publié à la Contre-Allée en 2017 qui recense les machines inventées par les écrivains. Comme je vais à Aix dans quelques jours, je pourrai voir en vrai le pianocktail de l’Ecume des jours ! Eduardo Berti a aussi écrit des poèmes pour baby foot, ils prennent la forme de vers en rouge et bleu disposés dans deux sens de lecture, comme au baby foot. Il a aussi créé des dessins étonnants en disposant des crayons aux pieds des joueurs en plastique. Il fait partie de l’Oulipo.

Carnet de résidence

Gabrielle Schaff

18 janvier 2020
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