Sous surveillance médicale #4

Discussion avec A. qui travaille dans un foyer de nuit accueillant de jeunes gens souffrant de troubles psychotiques, à Paris. L’équipe soignante ne pouvant pas assurer la permanence de jour comme de nuit nécessaire à un confinement des résidents, le foyer a fermé. Les patients sont tous rentrés dans leurs familles avec les problèmes que cela pose, en terme de suivi médical, surtout dans ce contexte de crise majeure. Elle est passée voir des collègues à la Pitié Salpêtrière et vu la situation d’arrivée en masse de patients paniqués, elle envisage d’apporter un soin psychologique au service des urgences. Elle est comme ça, A. : elle s’autoréquisitionne. Parce que pour le moment, me dit-elle, aucune cellule psychologique n’a été mise en place.

Je repense à Thomas le Bonniec, lanceur d’alerte sur la surveillance pratiquée par Apple, celui qui explique si bien que Siri n’est pas une intelligence artificielle, que c’est l’humain qui alimente l’algorithme et qu’en retour, l’algorithme n’aide pas franchement l’humain. Je m’étais plongée dans son histoire la semaine dernière, il me semble maintenant que cela fait des mois. Il avait prévenu, début mars, que le jour où une crise assez forte secouerait notre pays, personne ne s’étonnerait que l’État puisse solliciter les opérateurs privés pour contacter individuellement chaque administré. Je relis le SMS reçu lundi soir par l’ensemble de la population de la part du gouvernement. Une recherche me confirme que le RPGD permet l’utilisation des données personnelles sans le consentement des personnes « dans le cadre d’une obligation légale, de missions d’intérêt public ou pour la sauvegarde des intérêts vitaux des personnes ». L’opérateur Orange précise par ailleurs que c’est la première fois que ce mécanisme a été mis en place dans l’Histoire. C’est ça, nos événéments historiques à nous.

Mon réseau secret sur Signal s’active : Christian Estrosi est positif au coronavirus, il est confiné, depuis sa dernière sortie vendredi en visite dans un Ehpad. Cela ne l’a pas empêché d’envoyer un drone de surveillance sur la promenade des Anglais. 

Carnet de résidence

Gabrielle Schaff

19 mars 2020
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