Image : Hélèna Villovitch

Elle est comment ?

Je travaille. Je travaille en nageant, je travaille en pédalant, je travaille en visitant des appartements. C’est à dire que je pense à plein de trucs et que j’arrive à en noter une partie. Hélas, je n’écris pas du tout ce que je voudrais. Je voudrais avancer sur Gourou malgré moi, et au lieu de ça voici Charlemagne Pompidou et ses anti-moi qui s’écrit tout seul, et pas mal du tout. Je me dis que si je sortais un livre jeunesse par an, tout le monde serait content. Enfin moi, je serais contente.

La carriole. Avec Guillaume Cherel, l’auteur du fameux Un bon écrivain est un écrivain mort (J’ai Lu), nous nous connaissons à peine mais avons déjà un numéro très au point. À la terrasse du O’Thierry comme à celle du traiteur égyptien de la rue Consolat, nous abordons tous les gens qui ont le malheur d’avoir un livre à la main. Par exemple, Marie-Jeanne qui lit Le Lambeau de Philippe Lançon et John qui lit Le Maître du Haut-Château de Philip K. Dick. Nous commençons par leur parler de ce qu’ils lisent, puis leur glissons que nous sommes nous-mêmes écrivains. De fil en aiguille, nous les obligeons à prendre en note nos noms et les titres de nos ouvrages respectifs. Car pour Guillaume, tous les gens sont des lectrices et des lecteurs en puissance. Je suis ravie de cette association et propose qu’à l’avenir, nous allions plus loin et fixions à l’un de nos vélos une carriole contenant tous nos bouquins, de manière à ce qu’aucun lecteur ne nous échappe.

Le sujet. Qu’est-ce qu’il était bête, ce film d’Abel Ferrara sur la fin du monde ! C’était avec Willem Dafoe qui était censé être un écrivain ou un truc dans le genre, en tout cas un ancien junkie, mais chic. Sa copine très jeune peignait quant à elle des grandes toiles abstraites en pyjama sexy sur le sol de leur loft après l’amour. J’exagère peut-être un peu, mais si ça se trouve c’était encore pire. Et donc pour Willem et pour tout le monde c’était « the last day on earth » et il se disait bah, puisque c’est comme ça, pourquoi est-ce que je ne me re-droguerais pas ? Et ouais, c’était ça, le sujet. Le bien, le mal, la volonté, qui suis-je, etc. Quand je l’ai vu, j’ai trouvé ça complètement con, pourtant j’y repense souvent. Qu’est-ce que je ferais si tout s’arrêtait à 4 h 44 ? Un petit dessin et un mini-texte comme celui-ci, par exemple ? Par exemple.

Carnet de résidence

Hélèna Villovitch

14 août 2020

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Travaux de résidences

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