Circulations

Emmanuel Darley

Résidence du 7 mai au 30 juin 2014

Je voudrais travailler sur les lieux de circulation. De passage. D’entrée dans le territoire. Port, gare, gare routière, aéroport, autoroutes. Sur les lieux de travail. Rencontrer des gens. Ceux qui sont là de longue date. Ceux qui sont Marseillais depuis peu. Dans les cafés, sur les marchés. Dans des associations. Travailler sur la ville le jour. Travailler sur la ville la nuit.

« Mon projet pour cette résidence est en lien direct avec Marseille. Avec cette ville port ouverte sur la mer, sur l’ailleurs. La ligne bleue de l’horizon et puis le territoire derrière. Le pays qui s’étend derrière. La France et puis l’Europe. Je voudrais travailler sur ça, sur ces villes carrefours, où au fil des ans, des siècles, d’autres sont venus, sont arrivés d’ailleurs pour s’implanter. Trouver mieux. Les différentes communautés qui constituent cette ville. Les langues multiples qu’on y entend. Les diverses diasporas qui s’y côtoient. Les villes dans la ville. Penser peut-être aussi à ceux qui partent de là. Qui de Marseille s’en vont ailleurs. Ces bateaux qui s’en vont pour traverser la Méditerranée vers le Maroc, l’Algérie. Ceux qui reviennent l’été vers le pays d’origine. Ce mouvement là aussi. Je voudrais travailler sur les lieux de circulation. De passage. D’entrée dans le territoire. Port, gare, gare routière, aéroport, autoroutes. Sur les lieux de travail. Rencontrer des gens. Ceux qui sont là de longue date. Ceux qui sont Marseillais depuis peu. Dans les cafés, sur les marchés. Dans des associations. Au centre de rétention du Canet. Travailler sur la ville le jour. Travailler sur la ville la nuit. Sur la prostitution. Sur ces migrants-là aussi. Rencontrer des travailleurs sociaux. Des journalistes. Des responsables de la sécurité. Des policiers sur le terrain. J’ai écrit il y a quelques années un roman sur les migrants, Le Bonheur. Je suis allé pour ce livre sur l’ile de Lampedusa en Italie. Et puis j’ai circulé au Mali, lieu important de départ de migrants. 

J’ai le sentiment de ne pas avoir fait le tour de ce sujet qui me passionne. J’ai l’envie d’y retourner voir. Autrement. Sous un autre angle. Sous d’autres formes. Ne pas se limiter. Ne pas se dire J’écris un roman ou Je vais travailler sur un texte théâtral. Laisser tous les possibles venir. Travailler sur un projet vaste. Profiter de ce temps de résidence pour embrasser diverses formes, déjà abordées ou au contraire. Rencontrer d’autres artistes, croiser des univers, des imaginaires. Travailler avec un photographe par exemple. Travailler cette envie de longue date, mêler textes et images. Ecrire oui bien sûr, écrits divers, matériau vaste, récits, témoignages, fictions, paroles théâtrales, poésie. Mais aussi photo donc, vidéo. Son. Ne pas penser uniquement livre, penser numérique, radio. Exposition. Lecture. Mise en espace. Multiplier. Faire d’un projet global une somme de projets autour d’un même thème. »  

Emmanuel Darley

La résidence d’Emmanuel Darley est aidée par le Conseil Général des Bouches-du-Rhône dans le cadre du Dispositif départemental de résidences d’auteurs, d’illustrateurs ou de traducteurs.

 
Emmanuel Darley est décédé le 26 janvier 2016, à l’âge de 52 ans. La Marelle tenait à lui a rendre un dernier hommage.
Il travaillait alors sur plusieurs projets, dont la création (première mise en scène) de son dernier texte Polyptyque EP, autour de la figure d’Elvis Presley, et à la forme d’un livre numérique et collectif issu de son travail en résidence à La Marelle.

 

Emmanuel Darley, durant sa résidence, a invité  l’écrivain Philippe Malone à partager son appartement. Cela nous a donné l’idée de créer une résidence « fil rouge ». Le principe ? Un auteur en résidence accueille durant son séjour un auteur de son choix, pour quelques jours ou quelques semaines, sans projet particulier, mais avec l’idée de passer du temps ensemble, d’échanger de dialoguer… À son tour, celui-ci sera l’un des futurs résidents de La Marelle.
C’est le cas de Philippe Malone, qui est en résidence à La Marelle en novembre 2017.
Une manière de proposer aux auteurs d’être également programmateur de ce lieu qui est le leur

 
 
 
Rencontre

Le samedi 14 juin 2014, Emmanuel Darley est au Théâtre Joliette-de la Minoterie à Marseille pour une rencontre publique radiophonique, un atelier d’écriture, une lecture… Renseignements ici.

 

Texte inédit

Une chose d’Emmanuel Darley est publié dans le numéro 2 de la revue La première chose que je peux vous dire…

 

 
RETROUVER EMMANUEL DARLEY

• à la Marelle
     > Sa biographie
     > Ses rencontres passées
     > Ses créations