Dimanche 23 février

L’après-midi, je déborde et réattaque enfin le manuscrit de l’infinie tendresse…
Rétro-journal de résidence #19

En montant vers la Villa © Benoît Virot

Je retrouve deux textes africains dans le butin aixois de la semaine dernière. Il y a, d’abord, Sozaboy, de Ken Saro-Wiwa, dont je vais pouvoir rendre son exemplaire à David. Et il y a une épopée digne des sagas islandaises, qui par l’abondance et la facilité de la narration provoque une sensation presque de la même espèce. (Les sagas islandaises, plus anciennes et renonçant à toute vraisemblance, ne m’ont pas quitté de plusieurs mois quand je les ai découvertes. Celle-ci sera plus facile à rééditer. Sauf si on décide de la retraduire. Ce pour quoi j’en tairai le nom.)

L’après-midi, je déborde et réattaque enfin le manuscrit de l’infinie tendresse, pas repris depuis cet été 2017 où j’ai squatté quatre heures durant la descente de Malmousque face à ces résonances et ces lignes de fuite adolescentes. Une vibration pure à laquelle l’auteur ajoute des couches et des couches de noirceur, parvenant à hausser un texte bâti à l’origine sur un pur rythme et une pure accélération de la psyché, en tombeau de l’innocence et de l’horreur. Ce sera, s’il parvient à homogénéiser ses voix, l’un des textes les plus noirs que j’ai édités.

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