Décortiquer le ventre d’une ville

Ven. 27 mars, 18h – Petitrama, la Friche la Belle de Mai – Marseille

Rencontre franco-allemande avec Clemens Meyer et Minna Sif

Point culminant de l’exposition « Leipzig, ville de héros ? », des lectures et une rencontre croisée franco-allemande avec les écrivains Clemens Meyer (« Quand on rêvait », avril 2015) et Minna Sif (« Massalia Blues », 2013). Proposées par le Goethe-Institut et La Marelle dans le cadre des Exponentielles, les nocturnes mensuelles de la Friche.

 

Lectures et rencontre croisée avec les écrivains Clemens Meyer (Quand on rêvait, parution 2 avril 2015, Piranha) et Minna Sif (Massalia Blues, Alma, 2013), pour deux récits urbains, entre poésie et violence. Dans le cadre de l’exposition « Leipzig, ville de héros ? » consacrée à la scène artistique de Leipzig (photographies, peinture, dessins, installation vidéo, du 6 au 29 mars).

En partenariat avec le Goethe-Institut de Marseille 

 

Clemens Meyer © W. Druck 

 

Clemens Meyer a grandi en ex-RDA, dans un quartier ouvrier de Leipzig, où il a subsisté grâce à de petits boulots avant d’obtenir ses premières bourses d’écriture. Son livre Quand on rêvait parle de cette période d’entre-deux – la fin de la RDA et la réunification – dans une langue à la fois violemment quotidienne et puissamment hypnotique.

 

Minna Sif © Molly Benn - copie

Minna Sif est née en Corse, dans une famille originaire du Sud marocain et vit à Marseille. Elle a publié deux romans et des nouvelles. Dans le cadre de Marseille-Provence 2013 Capitale européenne de la Culture, elle a participé au projet international Foot(ing) Marseille en animant de nombreux ateliers d’écriture à destination des jeunes et des adultes.

 

Je connais une comptine. Je me la murmure quand dans ma tête tout commence à partir en vrille. Je crois qu’on l’a chantée en sautant à cloche-pied sur des cases en craie, mais si ça se trouve elle est de moi, ou alors je l’ai rêvée. Des fois je bouge les lèvres, mais sans bruit, d’autres fois je me mets à fredonner, comme ça, sans m’en rendre compte, c’est à cause des souvenirs qui dansent dans ma tête, pas n’importe lesquels, non, ceux, de l’époque après le grand changement, les années où on entrait… en contact ?
Quand on rêvait (« Als wir träumten ») de Clemens Meyer, avril 2015, Piranha

 

Malgré mon insistance, Brahim a toujours refusé de franchir le seuil du Bureau des étrangers, une annexe de la préfecture. Arrivé aux abords, il était pris de transe. Les jambes battant le pavé, la raison égarée entre frayeur et alarme. J’avais beau insister, rassurer, tempêter tout à la fois, aucune parole ne parvenait à le fléchir. Il rebroussait chemin dans un sursaut de révolte de tout son être, tourmenté par une peur insurmontable qui le faisait s’éloigner à grands pas, tête basse et rasant les murs.
Massalia Blues, de Minna Sif, Alma, 2013

 

L’exposition « Leipzig : Heldenstadt ? » (« Leipzig, ville de héros ? », du 7 au 29 mars) fait référence à la révolution pacifique en RDA en 1989 et l’aborde par le biais de l’art contemporain. 

Proposé par le Goethe-Institut à Marseille et La Marelle

Entrée libre