CLARISSE LOCHMANN

Il y a 2000 ans…

Septembre-décembre 2019 (Cannes)

Comment se représenter le monde d’il y a deux mille ans ? Ce monde si lointain, mais qui semble parfois si proche, comme à Pompéi ? Un travail plastique sur le disparu, ce qui est enseveli, ce qui a été découvert, ce qu’il reste à découvrir, pour un projet d’album jeunesse qui propose une approche poétique de la fouille archéologique.

« J’ai eu l’occasion de visiter Pompéi et Herculanum en 2016. Ces deux villes ont été ensevelies sous la lave du Vésuve en 79 après Jésus-Christ. On peut imaginer l’horreur qu’ont été les dernières heures de vie pour ces civilisations. Or, cette catastrophe naturelle est responsable de la magnificence actuelle de ces lieux : ce sont les sédiments volcaniques qui ont permis de si bien conserver ces vestiges. Voici donc une ambivalence qui m’a beaucoup émue lorsque j’ai visité ces ruines.
 
Les Pompéiens avaient une véritable hygiène de vie (alimentaire et sanitaire), ils travaillaient et entretenaient une vie sociale (restaurants, lieux de spectacles, sports,…). Alors que la représentation d’un monde d’il y a deux mille ans semble si lointaine qu’hors d’accès, la qualité de conservation de ces ruines fait tomber les barrières du temps. D’un point de vue personnel, cette vision si précise de ce que pouvait être la vie des Pompéiens m’a fait revoir ma perception de l’échelle du temps et ma propre inscription dans la succession des vivants. Cela a été pour moi une prise de conscience de ma naïveté quand à ma considération du calendrier qui est le nôtre ! En constatant que des gens avaient vécu “presque comme nous” il y a deux mille ans, je me suis dis que, finalement, deux mille années, c’était vraiment rien du tout à l’échelle de l’humanité !
 
Au sein des ruines, il y a le visible : ce qui a été découvert. Il y a les parties manquantes, le disparu, l’invisible : ce que l’on peut s’imaginer dans la prolongation de ce qui est visible, mais qu’on ne verra jamais. Il y a ce qui est encore enseveli et qu’il reste à découvrir. Ces notions de visible/invisible/pas encore visible liées au métier d’archéologue, sont très propices à l’imagination, avec un potentiel graphique qu’il me semble très intéressant de traiter en illustration et lors d’ateliers de pratique plastique avec des enfants. Comment transcrire visuellement et de manière originale cette idée de fouille ? Ces notions de couches et de superpositions, qui protègent un trésor ? Comment s’imagine-t-on le monde d’il y a très longtemps ? »

Clarisse Lochmann

 

Clarisse Lochmann souhaite réaliser pendant cette résidence un album qui questionnerait les enfants sur leur représentation du monde il y a 2000 ans, via une approche poétique et esthétique de la fouille archéologique. L’idée est de jouer avec le potentiel poétique et esthétique de ce qui est enfoui et l’imagination que peut susciter ce qui est caché/enseveli sous des couches. Elle souhaite créer un livre dont on tourne les pages de la même manière que l’on fouille des strates en archéologie, jusqu’à découvrir un « trésor ».

Sa résidence de création lui permet cependant de travailler sur plusieurs projets. En parallèle, elle travaille ainsi les illustrations de son second album à paraître à l’Atelier du Poisson Soluble au printemps 2020, La Passoire… Un livre intimement lié à la notion de « fouille », puisque l’histoire est celle d’une petite fille qui fouille dans ses souvenirs, pour se remémorer le rêve qu’elle a fait.

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Dans sa Bibliothèque

La première chose que je peux vous dire…

Clarisse Lochmann est la lauréate 2019 de l’appel à projets pour une résidence auteur·trice-illustrateur·trice « Littérature jeunesse et numérique », proposée par la Mairie de Cannes (Médiathèque de Cannes), en partenariat avec le Festival du livre de Mouans-Sartoux, et avec l’aide financière de la Drac Paca.

Clarisse Lochmann

Autrice, illustratrice
France

Clarisse Lochmann © D.R.
D’origine nantaise, Clarisse Lochmann « monte » à Paris en 2008 après son Bac pour y faire des études de design graphique. En 2014, c’est pour les terres catalanes qu’elle s’envole, une fois son DSAA obtenu. Employée dans deux entreprises à Barcelone, elle travaille aussi en tant que graphiste freelance pour une compagnie de théâtre parisienne.
 
Pendant ces deux années en Espagne, elle dessine quotidiennement ce que elle y voit. Début 2017, elle rassemble ses notes en un roman graphique. Celui-ci constitue un portrait de Barcelone, ville qui la fascine. En parallèle, son goût pour l’illustration jeunesse s’accentue et elle passe de plus en plus de temps au rayon jeunesse des librairies, y voyant un terrain de créativité extrêmement grand.
 
La concision qu’elle s’efforce d’adopter – autant dans la narration que dans l’illustration – représente pour elle le compromis rêvé entre graphisme et peinture. Elle s’intéresse particulièrement au concept des lectures multiples : le fait que l’enfant perçoive l’histoire d’une manière différente que les adultes qui sont susceptibles de la lui lire…
 
 
Parutions
  • Dans la file, L’atelier du Poisson Soluble, 2019. Exposition itinérante des illustrations du livre, démarrée au Musée de l’Illustration Jeunesse (Moulins)
  • Illustrations pour Le Un, Télérama…
Sitographie