BENOÎT VIROT

Un laboratoire d’édition

Résidence d'éditeur – Février et juin 2020

Une part croissante du catalogue du Nouvel Attila, dirigé par Benoît Virot, est dédiée à des projets exceptionnels et singuliers. Loin de l’image de l’éditeur isolé, Benoît Virot souhaite mettre cette résidence inédite au service d’un ambitieux travail d’équipe, nécessaire pour de tels projets, tout en dévoilant les coulisses de son travail.

Après dix ans d’édition, une part croissante du catalogue du Nouvel Attila est dédiée à des projets exceptionnels. Dans ce laboratoire, les projets sont ultra singuliers, mais le travail est plus que jamais collectif. Au vu des moyens (humains, matériels et en temps) nécessaires, aucun ne pourrait exister sans une mobilisation générale et de nombreux relais.

La résidence d’éditeur de Benoît Virot à La Marelle, première du genre, lui libérera le temps nécessaire pour se vouer exclusivement à ces « grands projets », tout en dévoilant les coulisses de son travail éditorial, à travers diverses actions et interventions.

 

« Voici l’exemple détaillé des deux projets que je souhaite mener en résidence.

1 – B7 : travail sur les œuvres complètes d’Hélène Bessette)

13 romans et une pièce de théâtre publiés en 20 ans, mais aussi six romans, des correspondances (Queneau, Dubuffet, Bosquet, Gallimard) et des journaux inédits… sans compter les actes du colloque du centenaire à Cerisy (août 2018) et une édition revue et augmentée de la seule biographie existante. Tel est le sommaire des œuvres complètes dont la parution a débuté il y a deux ans et qui doit durer encore six ans.

Le texte de Bessette valorise la fonction orale et poétique du langage, et le travail main dans la main avec le monde de la performance et du théâtre est le corollaire obligé du projet pour faire entendre et « admettre » B7 au plus grand nombre. Outre les deux adaptations réalisées cette année par Claudine Hunault à Avignon et Robert Cantarella à Clermont Ferrand, nous tirons parti, tout au long de ce travail, d’une communauté de lecteurs préexistante : curieux et fanatiques membres du GRP (le Gang du Roman Poétique), comme Liliane Giraudon, Fabienne Yvert, Nathalie Quintane, Frédéric Léal, Laure Limongi, Céline Minard, Charles Robinson, Julia Deck, Jacques Rebotier…

2 – HO (relecture d’Horcynus orca, roman monstre de Stefano d’Arrigo)

Ce roman de 2 400 pages, que l’auteur a mis 15 ans pour mener à bien, narre le retour d’un jeune marin de la Marine royale italienne, ‘Ndrja Cambria, dans son village natal de Sicile pour embrasser son père après l’armistice de 1943. Découvrant un pays transformé par la guerre, le héros est confronté à une créature marine monstrueuse, l’Orque, qui incarne la décadence de l’Italie. Objet de vingt ans de travail, d’une richesse linguistique extraordinaire, mêlant quatre niveaux de langue (l’italien littéraire, le patois des pêcheurs, l’italien ancien et des sicilianismes italianisés forgés par l’auteur). La première édition s’est vendue, malgré ses 2 400 pages (deux fois plus que Moby Dick), à 80 000 exemplaires.

La rencontre entre le traducteur et l’éditeur assez passionnés ou inconséquents pour s’y consacrer ne s’est opérée qu’en 2013. S’y sont dévoués Monique Baccelli, qui a découvert sa vocation de traductrice en traduisant Fenoglio dans les calanques de Marseille, et Antonio Werli. La traduction est rendue depuis quelques mois… Commence le nécessaire travail de relecture de la traduction, de confrontation avec la version originale, d’examen et d’échange sur les parti-pris, et de réflexion sur la promotion du livre. Six binômes de réviseurs franco-italiens sont associés pour relire ce premier jet sous la houlette de l’éditeur.

Un site internet compagnon est conçu en parallèle par Benoît Vincent, qui participe également à la révision de l’œuvre après avoir tenté, il y a dix ans, sa propre traduction. Ce journal de traduction s’ouvrira aussi à des traducteurs étrangers d’œuvres comparables à des écrivains français que nous inviterons à écrire une suite à tel ou tel chapitre. Une sorte d’atelier collectif mêlant auteurs et traducteurs autour des livres-monstres… Ce projet méditerranéen est idéal pour illustrer la chaîne du livre dans ce qu’elle a de plus concret et de plus caché. Les parti pris du traducteur, l’accompagnement de l’éditeur, le travail collectif, la préparation du lancement d’un livre monstre et battant en brèche les catégories commerciales connues.

Des ateliers de lecture et de travail sur des textes inédits pourraient être inséré en work in progress au sein de la résidence. Plusieurs auteurs (François Beaune, Arno Calleja) et traducteurs (Marie Hermann, Julien Guazzini) de la région figurent aussi au catalogue et pourraient animer ou rejoindre ces ateliers. »

Benoît Virot

 

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Dans sa Bibliothèque

La première chose que je peux vous dire…

Le Carnet de résidence de Benoît Virot

Benoît Virot

Éditeur
France

 

Benoît Virot © D.R.

Né en 1978, Benoît Virot suit des études de journalisme. Il a fondé la revue Le Nouvel Attila (2004) et les éditions du même nom (2007) qui ont publié Edgar Hilsenrath, Ludwig Hohl, Jean-Paul Clébert, Gauz et Maryam Madjidi, entre autres. Spéléologue littéraire, spécialiste de Fantômas, postfacier, il est l’auteur avec Dominique Bordes d’une anthologie de nouvelles épuisées : Perdus/Trouvés, anthologie de littérature oubliée (éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2007). Il a aussi participé au lancement des revues Le Tigre et Jef Klak.

 

Sitographie