ALICE BABIN

Le Café Hôtel

« Résidence à distance » – Printemps 2020

Hamer, patron du bar Le Café Hôtel, est franco-algérien. Depuis son arrivée à Paris il y a trente ans, il passe ses journées derrière le comptoir à servir de refuge à une communauté d’étrangers qui ne se parlent pas vraiment mais ont en commun la recherche d’un lieu qui les héberge. Une croisée de destins dans un café qui paraît résister au temps. Dans un repaire, qui paraît résister tout court.
PANDÉMIE DE COVID-19 : cette résidence s’effectue « à distance ». Provisoirement…

L’histoire se passe dans un café d’une rue de Paris d’un quartier anciennement ouvrier devenu aujourd’hui le summum du trendy. Hamer, 64 années passées, patron du bar Le Café Hôtel, est franco-algérien.

Depuis son arrivée dans la capitale il y a trente ans, il passe ses journées derrière le comptoir à servir de refuge à une communauté d’étrangers qui ne se parlent pas vraiment mais ont en commun la recherche d’un lieu qui les héberge.

Parmi eux : des travailleurs, ou ceux qui, sans cet endroit facilement abordable, dormiraient dehors. Hier, l’endroit était le repère d’hommes algériens venus chercher du travail à la métropole. Aujourd’hui, s’y mêlent avec les anciens les nouveaux réfugiés du pays : Soudanais, Maliens… Une croisée de destins dans un café de Paris qui paraît résister au temps. Dans un repaire, qui paraît résister tout court.

*

À Paris, la ville où Alice Babin a grandi, dans une rue située près de là où elle réside actuellement, se trouve un café-hôtel « à la journée », un endroit tel qu’on n’en trouve plus aujourd’hui, ouvert il y a plus de trente ans. Le projet d’écriture d’Alice Babin prend racine dans ce café-hôtel, situé en plein quartier gentrifié où se croisent des destinées typiques de l’histoire de notre pays. Il lui a aussitôt inspiré des récits, des personnages, des rencontres, un roman… mais aussi un travail de mémoire d’un lieu certainement voué à disparaître avec le temps.

« Cet endroit, je suis passée devant pendant deux ans sans ne jamais y entrer ; de toute façon il était toujours vide. J’aurais été gênée. Puis j’ai fini par le photographier, discrètement, de l’extérieur. Il m’obsédait, et je suis entrée. Le monsieur, 64 années au compteur, était aussi surpris que moi de me voir chez lui. Je me suis assise et ai commandé un café. Il n’y avait personne, seulement la radio qui grésillait. Il m’a apporté mon café et ai reparti en arrière-boutique. J’ai passé là une heure toute seule sans parler à personne, transportée dans une autre époque, un autre temps, à 100 mètres de chez moi. Ce voyage, c’est celui du patron de ce commerce, venu d’Algérie un peu avant les accords d’Evian, ainsi que de tous les résidents de son hôtel qui ont trouvé refuge ici parce qu’ils venaient d’ailleurs. »

Alice Babin

 

SUIVRE ALICE BABIN À LA MARELLE

Dans sa Bibliothèque

La première chose
que je peux vous dire…

Le Carnet de résidence
d’Alice Babin

Alice Babin

Journaliste
France

 

Alice Babin © Eva Van Der Horst
Alice Babin est née en janvier 1994 en région parisienne. Elle a grandi dans un quartier du nord-est de Paris, dans une rue un peu étrange qui se divisait en deux : un trottoir de cités, et un trottoir de pavillons. Ses parents vivaient du « bon » côté et son premier amoureux, la majorité de ses amis de classe, du côté des grands immeubles. Voisins, mais pas la même vie.
Durant ces années passées dans ce quartier où elle reste jusqu’à ses 18 ans, elle commence à écrire, et la question de la rue, des lieux, du territoire et de leur lien avec le vécu devient pour elle absolument centrale. Elle devient, déjà, une sorte de fil rouge.  Après un bac littéraire, elle suit une double licence d’histoire et d’urbanisme à la Sorbonne. Elle découvre le Bondy Blog, un média engagé, né après la crise des banlieues en 2005. Les rédacteurs l’accueillent et elle y écris pendant 3 ans , des portraits, des reportages… Et toujours la même idée, au fond : faire se croiser les gens avec l’endroit où ils vivent, et ainsi raconter une histoire. Sa focale est constante.
 
Entre temps, elle intègre le Celsa, une école de communication et de journalisme qui lui permet d’être diplômée d’une “grande école”. Elle écrit des articles, et sans s’en rendre vraiment compte, devient journaliste et reçoit sa carte de presse en 2016. 
Alice Babin écrit sur la banlieue, sur Paris et son évolution, sur les gens, pour les magazines et journaux La Vie, Télérama, Ebdo, Libération. En septembre 2018, elle s’envole pour le Kazakhstan et reviens d’Astana, sa toute nouvelle capitale, avec, encore, des histoires de gens et d’espaces. Elle écrit à ce sujet deux articles pour Libération, un recueil de nouvelles et des textes pour une exposition de photos sur Astana qui a eu lieu au printemps 2019 à la Galerie Le Floréal, à Paris. 

 

Bibliographie

  • Astana, entre rêves et réalités, nouvelles, photographies de Eva Ayache-Vanderhorst, publié en micro-édition, 2019

Journalisme (sélection)

Sitographie