ABDOURAHMAN WABERI

Quêter Mamadou Konté

Juin-juillet 2019

Abdourahman Waberi a pour projet d’écrire un texte sur le Sénégalais d’origine malienne Mamadou Konté, mort en 2007 à environ 65 ans. Un travailleur immigré devenu producteur de spectacles, créateur du festival Africa Fête, qui a incarné le destin politique de la musique africaine moderne.

Abdourahman Waberi a pour projet d’écrire un texte sur le Sénégalais d’origine malienne Mamadou Konté, mort en 2007 à environ 65 ans, travailleur immigré devenu producteur de spectacles et qui a incarné le destin politique de la musique africaine moderne.

Mamadou Konté « organise d’une part des fêtes africaines à l’usine Renault en région parisienne où il est, dès 1965, tourneur-fraiseur et […] d’autre part mobilise les travailleurs immigrés dans les foyers pour défendre leurs droits. Devenu activiste culturel et militant politique, [il] parvient méthodiquement à rassembler des gens qui ne se croisent jamais parce qu’ils viennent de si différents milieux sociaux. Des militants gauchistes aux marabouts analphabètes, des premiers artistes populaires aux intellectuels installés dans le Paris des années 1970 et 1980, tous n’ont qu’un nom à la bouche : Mamadou Konté. Il n’y a que lui pour rendre possible cette rencontre improbable entre un Peter Gabriel au sommet de sa gloire et un tout jeune Youssou N’Dour de passage. Le cadre est tout trouvé : un concert en banlieue parisienne que Mamadou Konté parvient à faire financer par une collecte auprès… des chauffeurs de taxi sénégalais et maliens. C’est dans la nature de ce grand échalas que de tisser des liens, de rapprocher des gens, de fomenter des projets fraternels et utopiques sans rien attendre en retour.

L’histoire de Mamadou Konté est l’histoire de l’Afrique et de la France réunies par le destin, c’est l’histoire des années Giscard et Mitterrand, c’est le déploiement culturel de l’Afrique dans le Paris chic  et dans toute la France. Les fêtes de Mamadou vont donner naissance à Africa Fête, une plateforme originale qui sera copiée souvent, égalée rarement. Pour la première fois, des artistes et groupes africains (Touré Kunda, Angelique Kidjo, Salif Keita, Manu Dibango, etc.) peuvent aspirer à la même notoriété que les collègues français et européens. Certes Mamadou est à l’aise dans tous ces milieux qu’il oblige à se côtoyer, mais la perception que les uns et les autres ont de lui reste celui d’un personnage atypique qu’on suit parce qu’il a une vision et qu’on peut difficilement lui résister. L’histoire de Mamadou c’est, en somme, notre histoire. Notre histoire en friche et en partage. Ceux qu’on appelait déjà les sans-papiers en butte aux règles administratives absurdes mises en place par les Poniatowski et autres Stoleru étaient ses amis, ses parents, ses frères. Mamadou Konté a œuvré toute sa vie pour donner un peu de soleil à ceux qui n’en avaient pas. Ses héritiers et ses épigones sont légion en France comme en Afrique. Il ne m’étonne pas que l’aventure de Mamadou Konté se continue, aujourd’hui encore, à Marseille et pas ailleurs.

Ce texte [est a priori destiné à devenir] la partie fiction d’un film qui sera le premier à être consacré à Mamadou Konté, fiction qui va se glisser harmonieusement dans le flux d’images d’archive. Il me plaît beaucoup d’écrire la première mouture de ce scénario à Marseille lors de ma résidence à La Marelle. D’humer l’air si singulier de la cité phocéenne. De remettre mes pas dans ceux de Mamadou Konté qui est arrivé en France en 1965 – année de ma naissance – via le port de Marseille. »

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Dans la Bibliothèque de
Abdourahman Waberi

La première chose que je peux vous dire…

Le Carnet de résidence de
Abdourahman Waberi

Abdourahman A. Waberi

Écrivain, critique littéraire, enseignant
Djibouti, France

 

Abdourahman A. Waberi est né en 1965 dans l’actuelle République de Djibouti. Il vit entre Paris et les États-Unis, où il a enseigné les littératures francophones aux Claremont Colleges (Californie). Il est aujourd’hui professeur de littératures française et francophone et de création littéraire à George Washington University à Washington DC.

Poète, romancier, scénariste et essayiste, il est l’auteur, entre autres, du roman panafricain Aux États-Unis d’Afrique et de la réflexion sur le génocide des Tutsis Moisson de crânes. En 2015 il a publié La Divine Chanson, un roman amoureux en hommage au grand artiste africain-américain Gil Scott-Heron. Ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, Abdourahman A. Waberi tient une chronique pour le journal Le Monde et a occupé en 2016/2017 la prestigieuse chaire Samuel-Fischer à l’Institut Szondi, Freie Universität Berlin.

 

Bibliographie (sélection)

Romans, nouvelles

  • Le Pays sans ombre (nouvelles), Serpent à plumes, 1994
  • Cahier nomade (nouvelles), Serpent à plumes, 1996, rééd. 2002
  • Moisson de crânes, Paris, Serpent à plumes, 2000, rééd. 2004
  • Aux États-Unis d’Afrique (roman), Jean-Claude Lattès, 2006
  • Passage des larmes (roman), Jean-Claude Lattès, 2009
  • La Divine Chanson (roman), Zulma, 2015, Prix Louis-Guilloux 2015

Poésie

  • Les nomades, mes frères vont boire à la Grande Ourse, Pierron, 2000, rééd. Mémoire d’encrier, 2013)
  • Mon nom est aube, Vents d’ailleurs, 2016

 

Sitographie

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