La première chose que je peux vous dire… #20 CLAUDE FAVRE

Claude Favre

La revue de La Marelle – octobre 2017

La première chose que je peux vous dire c’est que pour ma part, je vais tenter de mener plus loin ma petite affaire grandiose : apprendre à écouter, à parler, à lire, à écrire. Sachant qu’écrire est un travail d’archéologie, d’écoute et de restitution des voix, des faits enfouis, inouïs, inaudibles, et cela se fait à plusieurs.

Au sommaire de ce numéro 20

Texte inédit

Cheval peint de Claude Favre

Nouvelle version du texte paru dans le numéro 6 de La première chose que je peux vous dire… 

 

La première chose que je peux vous dire
— La première chose que je peux vous dire c’est que pour ma part, je vais tenter de mener plus loin ma petite affaire grandiose : apprendre à écouter, à parler, à lire, à écrire. Sachant qu’écrire est un travail d’archéologie, d’écoute et de restitution des voix, des faits enfouis, inouïs, inaudibles, et cela se fait à plusieurs. Sachant qu’être ici, à vos côtés, avec les esprits de ceux que vous avez accompagnés avant moi, est une belle aventure humaine et artistique, sachant qu’écrire, ce n’est pas chercher ou trouver une cabane trop vite construite. Alors merci, merci des fonds de mon coeur à toute l’équipe de La Marelle. Pour offrir un tel espace-temps – accélérateur d’énergie – sans attente, en liberté. Merci pour ce déplacement possible, cette traversée, ce refuge, offerts à des invités si différents.

Le « questionnaire » décalé (à retrouver en intégralité dans la revue)
– Un auteur fétiche ? 
Parmi d’autres, Ossip Mandelstam ; Francis Ponge ; Homère.
– Une musique, un son ? Le hennissement d’un cheval et tout ce que cela comporte de galops.
Une bonne résolution pour cette résidence à La Marelle ? Danser.

Biographies et travaux

 
Éditorial

Pour Claude Favre, l’écriture, c’est quelque chose de vivant. De vital. C’est une matière qui se met en bouche, qui se met en corps, qui écorche et qui s’écorche sur les aspérités du monde. Les mots mettent à nu, ils mettent à vif cette maigre protection qu’est notre peau, ou celle que prétend nous assurer notre raison. Pour elle, c’est en dérivant que la langue trouve une voix qui peut s’entendre, qui peut parler, qui peut apaiser ou aiguillonner, c’est dans le déséquilibre et la précarité que du poids et du sens émergent. C’est par la danse, qu’elle affectionne, qu’elle invente un moyen de voir autrement.

Aussi, c’est avec beaucoup d’attention que nous avons souhaité accueillir en résidence une auteure d’une telle envergure, pour qui la puissance d’écriture est inextricablement liée à une extrême sensibilité. Une résidence, c’est en effet l’ordinaire du jour, la proximité des êtres… Comment s’accorder alors, avec justesse, à cette acuité, à cette exigence, à cette fermeté que Claude Favre exerce, et d’abord sur elle-même ? Comment répondre à cette langue de l’absolu, à cette manière de saisir un quotidien où rien d’autre ne semble compter que l’obstination de creuser un sillon de poèmes à travers le monde ?

Mais ça serait ignorer que son combat n’est pas mené en terre de solitude. C’est aussi celui d’un engagement, tant poétique que politique, qui la porte vers le monde, vers les êtres de chair vive que nous sommes, et, parmi nous, vers les plus démunis et les plus blessés pour qui elle offre ses mots : des armes autant que des baumes. Ce séjour à La Marelle représente pour Claude Favre « un lieu incertain », un temps où il lui faut « accept[er] la perte, les blancs, les silences, les tremblements ». Nous nous efforçons de l’accompagner sur ce chemin pierreux, modestement et imparfaitement.

Pascal Jourdana
Directeur artistique de La Marelle, octobre 2017

 

2 euros – ISSN 2274-3154
Envois courrier et abonnements sur simple demande auprès de La Marelle

 

La première chose que je peux vous dire… est aussi une revue radiophonique, diffusée chaque dernier dimanche du mois sur 88.8 fm Marseille. Une coproduction La Marelle / Radio Grenouille. Voir aussi la page de l’émission.

Exceptionnellement, la forme radiophonique de cette revue n’a pas été diffusée sur Radio Grenouille. Mais il est possible de retrouver un entretien avec Claude Favre mené par Emmanuel Moreira.

Voir les autres numéros.