La première chose que je peux vous dire… #18

Laure Naimski

La revue de La Marelle – juillet 2017

La première chose que je peux vous dire est que la dernière fois que je suis venue ici j’ai failli me tuer. Je suis passée par-dessus ou par-dessous les troncs des arbres, mikado géant dispersé sur ma sente loin de la ville échevelée…

Au sommaire de ce numéro 18

Texte inédit
Un bagage en consigne de Laure Naimski

La première chose que je peux vous dire
— La première chose que je peux vous dire est que la dernière fois que je suis venue ici j’ai failli me tuer. Je suis passée par-dessus ou par-dessous les troncs des arbres, mikado géant dispersé sur ma sente loin de la ville échevelée. Je n’en ai fait bouger aucun. La mer en contrebas tapait sur la paroi. J’ai dévissé. Suspendue au lin d’acier qu’un insecte à pales enroulait jusqu’à sa gueule, j’avisai trop tard ce conseil rupestre : « Pour descendre dans la calanque de l’œil de verre, munissez vous d’une corde ». 

Le « questionnaire » décalé (à retrouver en intégralité dans la revue)
– Un coup de cœur artistique ? 
Le documentaire Mr Gaga : sur les pas d’Ohad Naharin de Tomer Heymann.
Une bonne résolution pour cette résidence à La Marelle ? Me donner du temps pour lire.
– Un oloé* ? Dans les trains ou aux terrasses des cafés…
La journée type de l’écrivain ? Ça dépend du temps qu’il fait.
    * oloé : « espaces élastiques où lire où écrire ». Mot créé par Anne Savelli dans son livre Des oloé
     (D-Fiction, 2011), et repris depuis par de nombreux auteurs et lecteurs.

Biographies et travaux

 
Éditorial

Résider à Marseille pour écrire son nouveau livre était une évidence aux yeux de Laure Naimski. En parcourant les rues et les quartiers, notamment celui de la Belle de Mai avec ses grandes casernes d’où partaient les appelés vers l’Afrique du Nord, elle va dénicher les traces, réveiller quelques images, rassembler des matériaux… En prenant comme base de départ des éléments concrets, les lettres que son père envoyait du Maroc et de Marseille à sa famille dans les années 1955, Laure Naimski se lance ainsi à La Marelle dans un projet d’écriture qui semble éminemment personnel.

La trame de la transmission, de la relation père- fille, les thèmes de la séparation, de la perte et du deuil, étaient présents dans En kit, un premier roman faussement léger mettant en scène Hélène, jeune parisienne plutôt angoissée qui plantait une tente dans son salon pour échapper au monde et à son entourage envahissant. Ce livre révélait déjà une belle écriture introspective qui, par-delà la satire sociale, explorait les fêlures intimes d’une femme marquée par le poids familial, les fantômes de la Shoah et les remontées gastriques de l’Histoire…

C’est que Laure Naimski suit, en même temps que les traces de son père, un fil littéraire universel et éternel. Bien entendu, elle sait aussi que ces archives privées représentent pour ce nouveau roman un sac encombrant. Mais c’est justement à partir de ce bagage lourd de réalité qu’elle souhaite se « laisser glisser vers les territoires de l’imaginaire et de la fiction ». N’en doutons pas : elle parviendra à trouver sa liberté dans ce rapport paradoxal, mais fondamental !

Pascal Jourdana
Directeur artistique de La Marelle, juillet 2017

 

2 euros – ISSN 2274-3154
Envois courrier et abonnements sur simple demande auprès de La Marelle

 

La première chose que je peux vous dire… est aussi une revue radiophonique, diffusée chaque dernier dimanche du mois sur 88.8 fm Marseille. Une coproduction La Marelle / Radio Grenouille. Voir aussi la page de l’émission.

Écouter la revue sur Radio Grenouille (à venir)

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