« Pour Cortázar »

Jeudi 3 avril à 18h – Gyptis / Vendredi 4 avril à 10h – Les Bancs Publics / 13003 Marseille

Rencontre littéraire. Avec les Rencontres du cinéma sud-américain

En avril à Marseille, en mai à l’Abbaye de Fontevraud, en novembre à Paris : trois événements majeurs pour célébrer Julio Cortázar et dépoussiérer les idées reçues sur cet auteur. Démarrage à Marseille avec un dialogue, un film et une table-ronde.

 

Proposé par La Marelle, en partenariat avec la meet (Maison des écrivains étrangers et traducteurs de Saint-Nazaire), la MEL (Maison des écrivains et de la littérature) et le CNL (Centre national du livre), avec le soutien de l’ASPAS (Association Solidarité Provence- Amérique du Sud) et de la SGDL.

C’est l’année Julio Cortázar. À l’occasion du trentième anniversaire de sa mort et du centenaire de sa naissance, La Marelle a proposé à la meet de s’attacher à ce grand écrivain argentin. Chaque année, la meet, maison d’édition et résidences d’écrivains, organise à l’Abbaye de Fontevraud un colloque consacré à d’importantes figures littéraires, à travers les regards d’écrivains, de traducteurs, de spécialistes universitaires et de grands lecteurs. Depuis 2008 ont ainsi déjà été abordées les œuvres d’Antonio Tabucchi, de Juan Rulfo, de Jean Genet, de Malcom Lowry, d’Aimé Césaire… Les actes de ces colloques sont publiés chaque année.

 

Ouverture

Jeudi 3 à 18h00 – Gyptis
Sylvie Protin et Pascal Jourdana

 

 

Cortázar, l’ami

Jeudi 3 à 18h15 – Gyptis
Avec Sylvie Protin et Raquel Thiercelin

 

Raquel Thiercelin fut, avec son mari le poète, peintre et dessinateur surréaliste Jean Thiercelin, une amie proche de Julio Cortázar, l’accueillant souvent avec sa dernière épouse Carol Dunlop dans leur maison de Cadenet. Elle est aussi l’une des protagonistes du livre Les autonautes de la cosmoroute.
Cette conversation est menée par Sylvie Protin, chercheuse et universitaire, directrice scientifique de ce colloque. Elle a dirigé la publication de Nouvelles, histoires et autres contes de Julio Cortázar (Quarto, Gallimard). Elle est également traductrice de nombreux textes inédits de Cortázar, dont Pages inespérées (mars 2014, Gallimard).

 

« Cortázar » de Tristán Bauer 

Jeudi 3 à 20h00 – Gyptis
Film documentaire (80’, 1994)

Ce film documentaire, à travers un regard plus poétique qu’historique, fait ressortir la personnalité de Julio Cortázar, pour raconter une partie de sa vie et de sa biographie littéraire. En plus de l’utilisation d’un large matériel d’archive, Bauer intercale la mise en scène de quelques textes de Cortázar, comme le conte « Torito » et des fragments de Marelle. On y entend aussi des tangos écrit par Cortázar et interprétés par Tata Cedrón. Avec : Hugo Carrizo, Agustín Goldschmidt, Julio Cortázar, Alfredo Alcón… 

 

« Les autonautes de la cosmoroute » : un espace dilaté

Vendredi 4 avril à 10h00 – Les bancs publics
Table ronde avec Roberto Ferrucci, Pierre Ménard et Stéphane Hebert
Animée par Pascal Jourdana. Projections de vidéos et d’extraits de film

En 1982, Julio Cortázar et sa femme, l’écrivain et photographe Carol Dunlop, savent qu’ils sont tous deux atteints d’une maladie incurable. Ils décident de faire ensemble un dernier voyage : Paris-Marseille en combi Volkswagen (Fafner), sans jamais quitter l’autoroute, et passent un peu plus d’un mois dans cet espace-temps insolite, comme s’ils en étaient les explorateurs. C’est un double testament amoureux bouleversant autant qu’une expérience inédite de littérature, un journal de bord assortis de photos, de dessins, de croquis… Pour en parler, Roberto Ferrucci, qui a rédigé un article passionnant pour la sortie italienne du livre ; Pierre Ménard, qui a réinventé l’expérience avec le projet Laisse venir, mené conjointement avec Anne Savelli ; Stéphane Hébert, fils de Carol Dunlop, et auteur (alors enfant) des dessins du livre. Les autonautes de la cosmoroute ou un voyage intemporel de Paris-Marseille est le dernier livre publié du vivant de Cortázar. Il s’achève sur le Vieux-Port à Marseille.

 

Buffet

Vendredi 4 avril à 12h30 – Les bancs publics

 

 

« En avril à Marseille, en mai à l’Abbaye de Fontevraud, en novembre à Paris, trois événements majeurs pour célébrer Julio Cortázar et dépoussiérer les idées reçues sur cet auteur. C’est que Cortázar est double : il est l’écrivain argentin caractéristique du boom latino-américain, l’auteur de nouvelles fantastiques typiques du Río de la Plata, le personnage engagé dans la Révolution cubaine. Certes. Mais tout ceci correspond à une image figée et archétypique : une image qui a vieilli. Nous proposons plutôt lors de ce centenaire de cesser d’historiciser et d’exotiser son œuvre. Cortázar a vécu plus de trente ans en France, il a pris la nationalité française en 1981 et il est enterré au cimetière du Montparnasse. Ses œuvres, bien que très argentines, n’ont de cesse de parler de Paris et de la France, de nous montrer à nous-mêmes au travers d’un regard toujours décalé, qui refuse toujours la normalisation, l’intégration au quotidien sans relief, la logique du même. Dès lors, pourquoi ne pas le voir comme un écrivain multipolaire, un auteur de la migration et du voyage ? Julio Cortázar est l’antécesseur d’un monde globalisé où l’on peut désormais garder son identité tout en devenant autre dans l’expé- rience de l’altérité. Et c’est peut-être cela qui fait de lui un traducteur, un écrivain du fantastique et un poète. Ainsi, Cortázar est un penseur puissant de la Relation, un rebelle aux conservatismes dans la langue comme dans la vie, un inventeur de littératures possibles. Il teste par exemple de nouvelles formes comme le micro-conte ou la chronique. Ses œuvres, des plus connues comme Marelle aux plus confidentielles comme les almanachs, ne cessent de remettre en question le Livre, en tant qu’objet culturel et que solution ergonomique pour accéder au sens. Il invente des ordres de lecture, repense la relation texte-image, réfléchit aux connexions entre les fragments : il préfigure en réalité très tôt l’hypertexte et les possibles de l’écriture numérique contemporaine. Sans cesse, il rêve et construit une autre communication, capable de mettre en jeu les schèmes les plus enfuis de la conscience. C’est ce Cortázar-là, novateur et décalé, que nous souhaitons fêter. » Sylvie Protin

 

Julio Cortázar Né en Belgique où son père était consul argentin au tout début de la guerre, Julio Cortázar retourne à Buenos Aires quand il a quatre ans et connaît le traumatisme de l’abandon de son père. Sans avoir obtenu son diplôme en philosophie et en lettres, Julio Cortázar devient professeur de littérature française à l’université de Cuyo, dans l’état de Mendoza. En 1949, il publie sa pièce Los Reyes, basée sur le mythe de Thésée et du Minotaure. Julio Cortázar s’installe définitivement en France en 1951, travaillant comme traducteur à l’Unesco. Maître dans l’art de la nouvelle à forte coloration fantastique, il est influencé par Poe et Kafka. Auteur engagé, il soutient la révolution cubaine et les Sandinistas au Nicaragua, et s’oppose aux généraux Pinochet et Videla. Julio Cortazar publie ensuite plusieurs romans dont les deux plus connus, Rayuela (1963, traduit en français par Marelle, 1966) – salué par Marquez et Llosa – et El libro de Manuel (1973, Le Livre de Manuel, 1974).  Il meurt à Paris le 12 février 1984.

Tristán Bauer est un réalisateur argentin largement primé à l’international. Parmi ses films, Iluminados por el fuego a reçu le Goya d’Or en 2005, Después de la tormenta (1991) et Cortázar (1994) ont reçu le Prix Condor de Plata du meilleur Film Argentin de l’Année. En 2001 il a obtenu le Prix Konex, Diplôme du Mérite pour sa carrière documentariste de la dernière décennie (1991-2000).  

 

Suite du colloque

En mai à l’Abbaye de Fontevraud

En novembre à Paris [programme en cours]