Pour Cortázar

Sous la direction de Sylvie Protin

Les Rencontres de Fontevraud – Parution novembre 2016

Cortázar est double : il est l’écrivain argentin caractéristique du « Boom » latino-américain, l’auteur de nouvelles fantastiques typiques du Río de la Plata, le personnage engagé dans la Révolution cubaine. Certes. Mais tout ceci correspond à une image figée qui a vieilli. Ces actes du colloque organisé en 2014 (à Marseille, Fontevraud et Paris), pour le centenaire de sa naissance, dévoilent un Cortázar novateur et décalé.

Les Rencontres de Fontevraud
3 et 4 avril 2014 à Marseille / 23 et 24 mai 2014 à Fontevraud / 21 novembre 2014 à Paris
Voir aussi Pour Cortázar à Marseille

Avec
Fernando Aínsa, Jean-Philippe Barnabé, Philippe Bataillon, Eduardo Berti, Fernando Colla, Roberto Ferrucci, Daniel Mesa Gancedo, Stéphane Hébert, Jacques Jouet, Sylvie Josserand, Joaquín Manzi, Pierre Ménard, Sylvie Protin, Julio Silva, Raquel Thiercelin, Gladis Yurkievich…

 

Sommaire 

• Introduction Patrick Deville
• In memoriam Aurora Bernárdez Texte de Sylvie Protin

Marseille / Friche la Belle de Mai / La Marelle
Jeudi 3 avril 2014

• Centenaire de Cortázar Texte de Sylvie Protin
• « Cortázar, l’ami » Raquel Thiercelin et Sylvie Protin

Vendredi 4 avril 2014

• « Les Autonautes de la cosmoroute, un espace dilaté » Sylvie Protin, Roberto Ferrucci, Pierre Ménard et Stéphane Hébert

Fontevraud / Abbaye de Fontevraud
Samedi 24 mai 2014

• Cortázar, la traduction et les langues inventées Philippe Bataillon et Sylvie Protin
• Cortázar et l’image Julio Silva et Joaquín Manzi
• La vie de l’œuvre Gladis Yurkievich, Sylvie Josserand et Fernando Colla
• Cortázar, le jeu et la contrainte Jacques Jouet et Jean-Philippe Barnabé

Paris / Hôtel Massa / Société des Gens de lettres
Vendredi 21 novembre 2014

• Éditer Cortázar aujourd’hui Résumé de la table ronde avec Daniel Mesa Gancedo et Sylvie Protin
• Cortázar, écrivain multipolaire Fernando Aínsa et Eduardo Berti

 

Introduction de Patrick Deville 

Lorsqu’au début des années quatre-vingt, j’avais acheté à la Sned d’Alger L’Apocalypse de Solentiname, nouvelle écrite en 1976 et publiée en traduction chez Gallimard en 1978, le vertige était grand, à la lecture, de retrouver parmi les personnages de la nouvelle Sergio Ramírez et Ernesto Cardenal : c’est qu’entre-temps, en 1979, la révolution sandiniste avait triomphé au Nicaragua, et que ces personnages étaient sortis de l’histoire de Julio Cortázar pour entrer dans l’Histoire de l’Amérique centrale.
L’image de l’écrivain dorénavant serait à la fois double et parfaitement articulée : un auteur de nouvelles fantastiques dès ses débuts préfacé par Borges et un homme impliqué dans la vie politique du monde, sans que jamais sa création n’en pâtisse, ni ne soit contaminée par son engagement.

Dix ans plus tôt, dans le recueil critique Portraits et Propos du Chilien Luis Harss et de l’Allemande Barbara Dohmann, corpus d’entretiens réa- lisés de 1964 à 1966 avec Asturias, Carpentier, Borges, Guimarães Rosa, Onetti, Rulfo, Fuentes, García Márquez, Vargas Llosa et Julio Cortázar, édité dans La Croix du Sud de Roger Caillois chez Gallimard en 1967, l’au- teur de Marelle y apparaissait comme le grand expérimentateur qu’il fut, dans un mélange de grande ambition et de doute aussi : « La question est : Peut-on faire quelque chose de différent, aller dans une autre direction? Au-delà de la logique des catégories kantiennes, au-delà de l’appareil de la pensée occidentale, par exemple, de regarder le monde comme s’il n’était pas une expression de la géométrie euclidienne, est-il possible de franchir une nouvelle frontière, de sauter dans quelque chose de plus exact? Naturellement je ne sais pas. Mais je crois que c’est possible. »
Par la suite apparaîtraient à la fois des livres d’une totale liberté illu- minés par le goût du jeu et de l’humour comme Les Autonautes de la cosmoroute, dont il n’est pas inutile de rappeler que les droits d’auteur furent reversés à la révolution sandiniste, et des recueils de chroniques politiques comme Nicaragua Tan Violamente Dulce.
En 2014, année du centenaire de la naissance de l’écrivain disparu en 1984, la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs a accueilli avec enthousiasme le projet de Sylvie Protin et de Pascal Jourdana, et lui a consacré ces septièmes rencontres de Fontevraud, lesquelles, après Tabucchi, Lowry, Genet, Rulfo ou Césaire, ont assemblé autour de l’œuvre les interventions qu’on lira ici, et qui se sont tenues à Marseille, à l’abbaye de Fontevraud dans le Saumurois et à Paris.

Ces rencontres sont aussi un hommage à la traduction littéraire : Julio Cortázar fut traducteur des poètes français, il fut lui-même traduit par Laure Bataillon, qui avait obtenu en 1988 le prix de traduction de la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs pour L’Ancêtre de Juan-José Saer, et ce prix, depuis, est devenu le prix Laure-Bataillon/Courrier international de la meilleure œuvre traduite vers le français dans l’année. Il en est aujourd’hui à sa trentième édition, et récompense à parts égales l’auteur et son traducteur.
Nous remercions en premier lieu Sylvie Protin et Pascal Jourdana qui furent les architectes de ce projet, ainsi que les instances qui l’ont rendu possible, le Centre National du Livre, la Région des Pays-de-la-Loire, La Marelle la bien-nommée et le Département des Bouches-du-Rhône, à Paris la Société des Gens de Lettres et la Maison de la Littérature, ainsi que le professeur Carlo Ossola pour avoir accueilli certaines interventions au Collège de France.

Saint-Nazaire, septembre 2016

 

 

 

Prix de vente : 20 € / Diffusion : Verdier-CDE / ISBN 979-10-95145-02-8

 

Coédition La Marelle / meet
Ouvrage publié avec le soutien du Centre National du Livre et le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

meet
Directeur littéraire : Patrick Deville
Coordinatrice : Élisabeth Biscay
Assistante d’édition : Aurélia Le Gallo
Directeur littéraire du colloque Pour Cortázar : Sylvie Protin.
Transcription, réécriture et relecture : Lucie Maurel Petetin, Laetitia Debrenne et Pascal Jourdana.

Créées à l’initiative de la Région des Pays de la Loire, Les Rencontres de Fontevraud sont organisées par la Maison des écrivains étrangers et des traducteurs – meet.

La meet remercie de son accueil et de son soutien l’équipe de l’abbaye de Fontevraud, tout particulièrement Xavier Kawa-Topor, son directeur, ainsi que Marion Demonteil et Bertrand Ménard.

La Marelle remercie le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône et Matthieu Rochelle,
Les Bancs Publics, Julie Kretzschmar et son équipe, l’Aspas, Association Solidarité Provence / Amérique du Sud et Leonor Harispe.