La gentillesse

RÉGIS LEJONC

Ce projet s’empare du style « kawaii », une forme populaire qui véhicule sans ambiguïté une notion qui manque cruellement dans notre monde d’aujourd’hui : la gentillesse.
Résidence mars à mai 2018 / Lauréat 2018 de la « Résidence auteur-illustrateur », avec Grains de lire (Carpentras)

« J’ai publié une soixantaine d’ouvrages de littérature de jeunesse depuis 1995 avec une quinzaine d’éditeurs et de nombreux auteurs. J’ai fait des rencontres autour de mes livres et mené des ateliers auprès de tous les publics dans le milieu scolaire (de la maternelle au lycée), dans les bibliothèques partout en France (et parfois à l’étranger). J’ai obtenu de nombreux prix grâce à mes œuvres, ai obtenu le Grand prix de l’illustration en 2010, mais je n’ai jamais participé à aucune résidence de création. Cette proposition de Grains de lire et La Marelle me permet de réfléchir à un projet qui me tient à cœur et qui, grâce à cette résidence de territoire, pourra être partagé tant dans sa création que dans sa restitution.

Kawaii est un adjectif japonais qui signifie gentil, mignon ou mieux encore, adorable. On l’utilise autant pour des personnes, des animaux ou des objets. Au Japon, être “kawaii” est une grande qualité car il s’agit de gentillesse et de bonté aux sens premiers de ces termes. Ce style graphique kawaii s’adresse à tous de manière frontale et équivalente, sans soucis d’infantilisation. C’est une forme universelle issue du pictogramme ou de l’idéogramme, qui se décline depuis quelques temps en émoticons pour les conversations entre smartphones et gagne graduellement les autres continents depuis une dizaine d’années. Ce style graphique est connu du monde entier grâce à ses franchises commerciales comme Hello Kitty, Pucca ou les Pokémon… Comme le manga, le style kawaii est même entré dans le monde de l’art contemporain international au début des années 1990 sous l’appellation générique de Néo Pop.

J’explore régulièrement le style kawaii dans mon travail d’illustrateur, dans certains de mes livres et surtout lors de l’illustration de jeux, de loisirs créatifs ou d’objets décoratifs. La construction graphique de ce style peut sembler simple au premier regard mais répond à des critères et un équilibre des formes très précis. Je partage mes connaissances en cette matière lors de rencontres scolaires et j’ai pu juger de la pratique et de l’enthousiasme des participants.

Mon projet de création souhaite aller du kawaii à la notion de gentillesse. Avec ce style graphique, considéré au premier degré, il ne s’agit pas d’autre chose. L’objectif des œuvres à faire et à partager n’a d’autre objet que d’imposer naturellement le sourire et la bonté autant pour les participants que pour les spectateurs. Mais le kawaii n’est pas une forme figée. Il laisse une large place au possibilités de déclinaisons, peut être graphique, plastique ou numérique, s’appliquer au volume sculpté, à l’objet, aux textures, à toute sorte de détournements urbains… Il peut être musical, ou animé, être décliné en nourriture, être pensé en senteurs, en parfums… Bref, le kawaii peut s’appliquer à tout et peut s’adresser à nos 5 sens.

C’est donc pour moi une porte d’entrée évidente dans ce projet de création. Pour autant il s’avérerait limitatif pour traiter du thème de la gentillesse. Aussi, le thème sera élargi à d’autres supports graphiques, la photographie, la danse, la musique, ou d’autres pistes définies au gré des groupes impliqués, puisqu’il s’agit de créer avec des gens, de partager ce projet avec des publics de tout âge sur un territoire précis, en travaillant avec les compétences de chacun des participants. Mon rôle sera d’accompagner et de diriger les travaux en appliquant l’exigence professionnelle de l’auteur-illustrateur que je suis vis-à-vis des œuvres, tout en anticipant la création des œuvres en vue de l’exposition et du livre en devenir.

Ce projet d’ampleur, exigeant et ambitieux, sera probablement prolongé sur deux autres résidences,  sur des territoires différents, afin d’enrichir la somme des créations et de permettre à l’exposition de pouvoir s’augmenter et voyager au rythme de l’avancement du projet. Quant au livre, sa finalisation ne pourra se faire qu’une fois l’ensemble des résidences et des œuvres terminées. »

Régis Lejonc

PROLONGEMENTS

La bibliothèque permanente (à venir)

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Régis lejonc est le lauréat 2018 de l’appel à projets pour une résidence « auteur-illustrateur jeunesse », proposée par l’association Grains de Lire et La Marelle, avec l’aide financière de la Drac Paca.

Régis Lejonc

Auteur, illustrateur, peintre
France

Régis Lejonc © D.R.
Sitographie

 

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Sur Wikipédia

 

Régis Lejonc est un illustrateur français faisant partie de la génération révélée par les éditions du Rouergue au début des années 1990. Depuis, il a publié une soixantaine de livres chez de nombreux éditeurs jeunesse, écrit des textes d’albums en collaboration avec d’autres illustrateurs. Il est également directeur artistique et créateur de collections. Peintre et graphiste, il travaille pour la publicité ou encore l’illustration de jeux.
 
Ayant obtenu de nombreux Prix, Régis Lejonc est un illustrateur inclassable qui passe d’un univers graphique à un autre au gré des livres et des projets, appréciant autant l’influence de l’art nouveau, des grands peintres impressionnistes, que celle du kawaii japonais. 

Parutions (bibliographie sélective)

 

  • Tour de manège, texte d’Olivier Douzou, Le Rouergue, 1995 Prix Millepage 1995
  • Kid Korrigan, scénario d’Éric Corbeyran, Delcourt, 2001
  • Signes d’émotions, Bénédicte Gourdon, Roger Rodriguez, Thierry Magnier, 2001
  • Les deux géants, Le Rouergue, 2001
  • Marabout d’ficelle, texte de Sébastien Joanniez, Le Rouergue, 2002 Prix Tam-Tam 2002
  • Kontrol 42, texte de Régis Lejonc, illustrations de Thierry Mura,  Le Rouergue, 2002
  • Top model, coréalisé avec Monsieur Z.,  Le Rouergue, 2002
  • Je suis là, René Gouichoux, Régis Lejonc, Casterman, 2002
  • Le cri, Henri Meunier, Régis Lejonc, Le Rouergue, 2003
  • Ma voisine est amoureuse, Thierry Magnier, 2003
  • La môme aux oiseaux, texte de Henri Meunier, Le Rouergue, 2003 Prix Octogone 2003
  • Dans la tête, coréalisé avec Séverine Assous,  Le Rouergue, 2003
  • Fait pour ça !, coréalisé avec David Merveille,  Le Rouergue, 2004
  • La mer et lui, Henri Meunier et Régis Lejonc, Le Rouergue, 2004 ; réé. Notari, 2013
  • Hans le balourd, texte de Hans Christian Andersen et Alain Serres, Rue du Monde, 2005
  • Paroles de sourds, collectif de Bénédicte Gourdon et Éric Corbeyran, Delcourt, 2005
  • L’enfant qui est né deux fois, Gérard Moncomble, Régis Lejonc, Milan, 2005
  • Magie magie !, Alfred, Régis Lejonc, Thierry Magnier, 2005
  • L’oiseau et la bille, texte de Jean-Daniel Lainé, L’Édune, 2006
  • Le jour où le tigre a eu des rayures, texte de Albena Ivanovitch-Lair, Père Castor, 2006
  • Va savoir comment, texte de Guillaume Guéraud, Sarbacane, 2006
  • Le phare des sirènes, texte de Rascal, Didier jeunesse, 2007 Prix Chrétien de Troyes 2008
  • Les p’tits cailloux, texte de Franck Prévot, Grandir, 2007
  • L’oiseau et la bille, texte de Jean-Daniel Lainé, L’Édune, 2007
  • Le sultan au tapis d’or, d’argent et de soie, texte d’Agnès Martin, Père Castor Flammarion, 2007
  • Les pensées sont des fleurs comme les autres, texte de Franck Prévot, L’édune, 2008
  • Elvis, texte de Régis Lejonc, d’après une idée de Christophe Alline, illustrations de Christophe Alline, Didier Jeunesse, 2008
  • Même pas peur, La maison est en carton, 2009
  • Quelles couleurs !, éditions Thierry Magnier, 2009 Grand Prix de l’illustration 2010
  • Les Indiens, texte de Franck Prévot, dessins de Régis Lejonc, l’Édune, 2009
  • Le Petit Chaperon rouge ou La petite fille aux habits de fer-blanc : un conte, écrit par Jean-Jacques Fdida, illustré par Régis Lejonc, préface de Bernadette Bricout, graphisme de Célestin, Didier jeunesse, 2010
  • Le dragon d’étoiles : un conte tsigane, écrit par Jean-Jacques Fdida, illustré par Régis Lejonc, Dider jeunesse, 2011
  • Thélonius et Lola : théâtre, Serge Kribus, Actes sud papiers, 2011
  • Le bestiaire fabuleux, Maxime Derouen, Régis Lejonc, Gautier-Languereau, 2013
  • Hansel et Gretel, J. et W. Grimm, illustrations de Régis Lejonc , Gautier-Languereau, 2013
  • Pochoirs Kawaii : l’atelier Gautier-Languereau, Régis Lejonc, Gautier-Languereau, 2013
  • Loup ?, textes et illustrations collectifs, Mange-Livres, 2013
  • Kodhja, scénario de Thomas Scotto, Thierry Magnier, 2015
  • Peter Pan de James Matthew Barrie, traduit de l’anglais par Michel Laporte, Gautier-Languereau, 2015`
  • Qu’ils y restent, texte de Régis Lejonc, avec Pascal Mériaux, illustrations de Riff Reb’s, Les éditions de la Gouttière, 2016
  • Cœur de bois1, texte de Henri Meunier, Notari, 2016 Prix Sorcières 2018, catégorie Carrément Sorcières – Fiction
  • Le jardin du dedans-dehors, texte de Chiara Mezzalama, illustrations Régis Lejonc, éditions des éléphants, 2017 Prix Sorcières 2018, catégorie Carrément Beau – Maxi
  • Tu seras ma princesse, texte de Marcus Malte, Sarbacane, 2017