En eaux troubles

DAVID VANN

Résidence en avril et mai 2018

Deux écritures en cours : celle d’un nouveau roman centré sur de douloureux souvenirs familiaux, et celle de la fin de la traduction de « Beowulf », exceptionnel poème épique de la littérature anglo-saxonne.

« Je suis actuellement en train de travailler sur un nouveau roman, dans lequel j’imagine que ma mère et ma sœur viendraient me rendre visite, après que j’ai été en voyage pendant trop longtemps, et loin de ma famille trop longtemps. Dans le roman, j’étudie la langue française tous les jours, comme je le fais dans la vie réelle depuis maintenant trois mois, et j’ai le projet de ne jamais retourner aux États-Unis, ce qui est également vrai dans la vie réelle. Ma sœur est la protagoniste, elle est est colère contre moi parce que j’ai divorcé et que je n’ai pas été en Californie pour voir grandir ses filles de cinq ans. Ma mère, dans le roman, a le rôle de catalyseur et de tampon.
Le roman est également une opportunité d’écrire au sujet du suicide de mon père d’un autre point de vue, celui de ma sœur, qui a des souvenirs quelque peu différents des miens et des problématiques différentes ; un moyen de le revoir sous un autre jour, d’une autre manière. J’aimerais qu’une grande partie du roman se déroule à Marseille, que j’ai déjà visitée plusieurs fois, et que j’affectionne beaucoup. Mais je n’ai jamais eu l’opportunité d’y passer un plus long séjour.
Durant cette résidence, je travaillerai également à la relecture finale de Beowulf, le plus vieux poème anglais qui date d’il y a 1 200 ans, écrit dans une langue qui ressemble à l’islandais d’aujourd’hui. Le poème a la longueur d’un livre, il s’agit de 3.180 vers de poésie. Il existe une traduction fameuse du Prix Nobel irlandais Seamus Heaney, mais qui comporte des erreurs, des oublis et des ajouts. J’essaie d’offrir un antidote contre cela en faisant une traduction littérale qui tentera de préserver la diction et le mètre originaux le plus précisément possible, et, en réalité, de ramener le lecteur à l’esprit du poète Beowulf d’il y a 1 200 ans. »

David Vann

David Vann

Romancier
États-Unis

David Vann © Diana Matar
Sitographie

 

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Chez Gallmeister

David Vann est né en 1966 sur l’île Adak, en Alaska, et y a passé une partie de son enfance avant de s’installer en Californie avec sa mère et sa sœur. Il a travaillé à l’écriture d’un premier roman pendant dix ans avant de rédiger en dix-sept jours, lors d’un voyage en mer, le livre qui deviendra Sukkwan Island. Pendant douze ans, il cherche sans succès à se faire publier aux États-Unis : aucun agent n’accepte de soumettre le manuscrit, jugé trop noir, à un éditeur. Ses difficultés à faire publier son livre le conduisent vers la mer : il gagnera sa vie en naviguant pendant plusieurs années dans les Caraïbes et en Méditerranée. Après avoir traversé les États-Unis en char à voile et parcouru plus de 40 000 milles sur les océans, il échoue lors de sa tentative de tour du monde en solitaire sur un trimaran qu’il a dessiné et construit lui-même.
En 2005, il publie A mile down, récit de son propre naufrage dans les Caraïbes lors de son voyage de noces quelques années plus tôt. Ce livre fait partie de la liste des best-sellers du Washington Post et du Los Angeles Times. Ce premier succès lui permet de gagner partiellement sa vie grâce à sa plume et il commence à enseigner. David Vann propose alors Sukkwan Island à un concours de nouvelles qu’il remporte et, en guise de prix, voit son livre publié en 2008 aux Presses de l’Université du Massachusetts. L’ouvrage est tiré à 800 exemplaires puis réimprimé à la suite de la parution d’une excellente critique dans le New York Times. Au total, ce sont pourtant moins de 3 000 exemplaires de cette édition qui seront distribués sur le marché américain. Publié en France en janvier 2010, Sukkwan Island remporte immédiatement un immense succès. Il remporte le prix Médicis étranger et s’est vendu à plus de 300 000 exemplaires. Porté par son succès français, David Vann est aujourd’hui traduit en dix-huit langues dans plus de soixante pays. Une adaptation cinématographique par une société de production française est en cours.
David Vann est également l’auteur de Désolations, Impurs, Goat Mountain, Dernier jour sur terre, Aquarium, L’Obscure clarté de l’air. Il partage aujourd’hui son temps entre la Nouvelle-Zélande où il vit et l’Angleterre où il enseigne, tous les automnes, la littérature.

Parutions (en français)

 

– Sukkwan Island, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2010 (Prix Médicis étranger 2010)

– Désolations, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2011

– Impurs, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2013

– Dernier jour sur terre, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2014

– Goat Mountain, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2014

– Aquarium, trad. de Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2016

– L’Obscure Clarté de l’air, trad. Laura Derajinski, Paris, Éditions Gallmeister, 2017