« Danses » Un texte de Claude Favre

Claude Favre

Lu à l'occasion de l’exposition « Une maison de verre – Le Cirva »

« Beaucoup de lièvres poétiques, erreurs et souvenirs, merci et à demain, bonjour tout à donner, expérimentations, folies non réclamées, coups bas, sirènes, toujours la vie ça, racle morgue et ça, recommence… »

Ce texte de Claude Favre a été lu en public, en compagnie de Lionel Pons, musicologue, à l’occasion de la déambulation artistique de l’exposition Une maison de verre – Le Cirva (Musée Cantini, 9 septembre 2017).
« Danses », extrait de A.R.N._voyou, éd. Revue des Ressources, a été lu pour Voce parla luce, de Giuseppe Caccavale dans la salle exposant cette œuvre. 

Claude Favre a aussi lu à cette occasion plusieurs textes de différents auteurs, dont on peut retrouver la liste sur le blog des auteurs.

 

_d’étourdissements

beaucoup de lièvres poétiques, erreurs et souvenirs, merci et à demain, bonjourtout à donner, expérimentations, folies non réclamées, folie à coupe-gorge,sirènes et mistigris, toujours la vie ça, racle morgue rit, et ça, recommence, folies d’espoirs qui vertiges, tournent, et cette caille des souvenirs, les souvenirs, les souvenirs, qui arrangent parfois, parfois rages, marnes, pagaille la vie toujours ça, et détours soupçonneux, et combien danses départs, la qualité de l’air, le vent, le vent, tourne tourne sous la lumière, on dit c’est différent, ombres dans le gosier, pour des langues fictives, ça vous saviez n’est-ce pas mon amour, ça tourne tourne tourne la tête la vie ne va jamais

sans détours, comme quoi un mot, c’est un galop, à parler, commencer à, tout est possible, commencer de, quoique trous, et ramdams, chutes et rires, et le silence dans toutes ses couleurs, la tête tourne tourne, comme quoi ça rien, rien que de parler, bouche complice, aussi comme dans les poèmes soupçonneux, faire son amas, troupes lever, un drôle de mix, et folies et dérives et ça, continue ça, la vie toujours c’est fou, un galop qu’à l’envers à l’endroit, mais d’affronts, comme quoi il arrive alors que la vie ça, de travers, c’est pas très vraisemblable, mais de travers c’est très possible, alors commencer de

 

_ d’éblouissements, un mot dans le vide

un souvenir c’est de parler, toujours la vie la vie ça alors, rage d’oreilles et souffles et pousses à tenter, et rogues et marnes à l’envers qui se prononce, un drôle de mix, ça frémit, carambole, et histoires, les souvenirs, les souvenirs, les souvenirs, et légendes, ça fabrique, et zoom ça, tourne tourne tourne comme exact, mais rien, que de le dire, pagaille, à l’envers arraché à l’endroit, et les couleurs, les coupe-gorges, ça tourne, la tête, le monde vertige qui tourne, c’est fou, d’un coup, la faim, la faim, alors commencer, ensemble, alliés, et la langue la bien pendue, drôle des fois, feuillue, un drôle de mix, et le saut dans le vide_un mot dans le vide d’éblouissements

un mot j’ai commencé d’étourdissements il arrive que ça, démange un mot mon amour il arrive qu’à parler ça donne, sur la vie, n’est pas rien commencer, par trop de culbutes, et totems certains jours à l’envers si vous saviez la langue, la langue et le corps, le corps étrange de l’intérieur qu’interpréter, qu’à moitié mais d’alertes et malices et joyeuses, les cartes à l’orée de la langue de l’effroi née, protéiforme, arrachée de raconte d’alertes c’est pas dit, c’est pas dit

 

_d’étourdissements

c’est pas dit, long chemin il arrive d’enfers qu’interpréter, et surgir la faim, et soifs et fredaines, certains jours à l’endroit de la langue rendue hospitalière, sauvée, des tempêtes si vous saviez certains jours, d’un mot à l’envers, la renverse étourdie, ça brouille bruisse, ça palpite la vie comme ça et on peut écrire comme ça, mais pagaille, lièvres étourdis, c’est pas dit

c’est pas dit, de traduire c’est pas dit, d’extension débandades, saut dans le vide, qu’à l’envers, d’apercevoir n’est pas rien, frémissements et des fois pavanes, surprises des fois, et des fois aussi gambades, et dépouilles, ça fait toute une histoire, assombrie, ça colle aux basques, l’effroi, certains soirs sont des riens, vous comprenez mon amour, ce qui palpite, de parler, de parler commencer à, de parler commencer, on ne sait quoi, on danse, on ne sait quoi des dépouilles, faire quoi, sinon traduire à l’envers à l’endroit, en dérives on danse, drôles des fois tangue, un drôle de mix, vous auriez sûrement souri, comme quoi, d’effacement

Claude Favre