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La première chose que je peux vous dire… #14
Rencontres radiophoniquesRevue

La première chose que je peux vous dire est que s’obliger à supprimer la plus belle phrase conduit à la nouveauté. Que la pertinence est, toujours, dissidence et réaction. Que l’urgence oblige à tout mener à son terme. Que l’idée de suicide doit fructifier. Que j’ai d’abord écrit quelque chose de plus beau. Je l’ai supprimé.

"Pour Cortázar"
Papier

Cortázar est double : il est l’écrivain argentin caractéristique du « Boom » latino-américain, l’auteur de nouvelles fantastiques typiques du Río de la Plata, le personnage engagé dans la Révolution cubaine. Certes. Mais tout ceci correspond à une image figée qui a vieilli. Ces actes du colloque organisé en 2014 (à Marseille, Fontevraud et Paris), pour le centenaire de sa naissance, dévoilent un Cortázar novateur et décalé.

La première chose que je peux vous dire #13 Philippe Malone.png
Rencontres radiophoniquesRevue

La première chose que je peux vous dire est la préciosité du temps, celui-là précisément offert dans un écrin lors d’une résidence et dont on conserve la clef jalousement, pour qu’il ne s’évapore pas, pour le maintenir à soi, un temps précieux qu’il sera d’autant plus facile à offrir qu’il ne se cabre pas, qu’il ne file ni se défile à la moindre injonction, au plus petit courant d’air, un temps fidèle.

Revue Marelle #11 septembre 2016
Revue

La première chose que je peux vous dire c’est que je vais arpenter les rues de Marseille à pied et que pour moi, avec tout ce qu’il y aura à regarder, à découvrir, à translater ensuite dans la mémoire et dans l’imaginaire, et seulement deux jambes et mes cinq sens plus un sixième à mettre en éveil, ce sera une vraie source de vie quotidienne, avec tous les imprévus, les coups de fatigue et d’enchantement.

Revue Marelle #10 juillet 2016
Revue

La première chose que je peux vous dire c’est que j’ai très envie de venir à Marseille. Passer de l’océan qui est un peu le mien, c’est-à-dire à côté duquel je suis née, ce qui est peu de chose au fond, à la mer dont j’ai toujours pensé, mais pourquoi, que c’était tout comme si j’y étais née. Les pluralités des histoires passées par là, auxquelles je tenais comme si j’y avais été.

Revue Marelle #8 février 2016
Revue

La première chose que je peux vous dire, il faudra ne pas s’en souvenir. Ça sera un mot nu comme un bonjour ou quelque chose avec les yeux. Ça sera un geste de la main, une énergie dans la voix. La première chose, c’est toujours une échappée. C’est quelqu’un d’autre venu de moi qui le prononce. La première chose, c’est moi tout entière et je ne le sais pas.

Nanodrame 21 (extrait) © Jean-François Magre
Autres créations

« J’ai beau remuer, touiller, soulever le sucre fondu, tourner, retourner, brasser, rien n’y fait, je porte la tasse à mes lèvres, je bois le liquide refroidi par mes appréhentions et la malédiction s’accomplit inexorablement… le sucre reste au fond. »

La Boît de thé © Clément Baloup
Projets accompagnés

Clément Baloup, auteur de bandes dessinées, et Sandrine Lana, journaliste, réalisent une BD documentaire et une exposition pédagogique qui racontent le conflit opposant les ouvriers de Fralib à Gémenos (thés et infusions « Éléphant ») avec le géant Unilever, la création d’une coopérative, et l’avenir commun à construire.

Esther Salmona © D.R.
Projets accompagnésRésidenceRésidences en cours et passées

Esther Salmona est invitée à occuper l’univers d’écrivains, à habiter poétiquement leur lieu, leur voix, leur présence physique, leurs textes aussi… À être en quelque sorte « en résidence » dans l’espace des écrivains accueillis, ou dans les blancs de leur espace.
[Résidence filée]

Le Lecteur cleptomane
Textes en ligne

« Philippe Six était jeune à l’époque, mais tout le monde le tenait pour un grand lecteur. Alors son chef, l’inspecteur général Laflemme,se dit que le cas suivant était pour Six : dans les bibliothèques de la République, et aussi dans quelques bibliothèques des Dom-Tom, une bande organisée ou un maniaque avec les moyens de voyager, qui sait ?, empruntait des livres qu’il ne restituait jamais de la même façon… »

Mur de mots © Ici-Même
Créations sonores

La pratique artistique d’Ici-Même est protéiforme et transversale, elle croise les approches et brouille les frontières entre les disciplines. À partir de textes recueillis depuis de nombreuses années et en de multiples endroits, des voix se mêlent, s’interpellent, s’expérimentent : « Espace fine » tente ici d’établir une évocation sonore de ce travail.

La Digitale
Projets accompagnésRésidenceRésidences en cours et passées

Sylvain Coher, sur une proposition de Musicatreize, écrit trois pièces musicales que trois compositeurs contemporains mettent en musique. Elles forment un opéra en forme de suite policière, dont la première partie, La Digitale, est créée à Marseille à La Criée en décembre 2015.
[Texte & musique]

Claire Rengade et Cheval des 3
Créations sonores

Des matières brutes – textes, sons, musique –, des essais, des tentatives : Claire Rengade, auteure, et Cheval des 3, musiciens, jouent à tout tenter. Ils s’abandonnent et laissent les auditeurs, guidés par les voix d’Esther Salmona et de Pascal Jourdana, explorer leur univers, découvrir l’intimité de leur création, suivre les étapes de leurs jeux…

Alger © Laurence Vilaine
Créations sonores

Une approche sonore et très musicale de l’univers de Laurence Vilaine, auteure de « Le Silence ne sera qu’un souvenir », tout juste revenue d’Algérie pour un nouveau projet d’écriture. « Ici, chaque moment est la partie immergé d’un iceberg, chaque moment, chaque parole, chaque lieu évoqué a son développement en profondeur, tout se rejoint sûrement, en bas, très bas, là où les courants sont peut-être verticaux. »

Orléans, extrait de "Laisse venir", Pierre Ménard
Créations sonores

Une évocation du livre numérique « Laisse venir » d’Anne Savelli et Pierre Ménard. « Un trajet Paris-Marseille intemporel, d’abord virtuel, puis réel, une approche de la ville tout en détours et cheminements, après en avoir rêvé l’accès. » 


Texte Laurence Vilaine (extrait)
Textes en ligne

« Alida est toute habillée de noir et ses contours s’effacent dans la nuit. Josef sait qu’aussitôt passé l’arrêt du tramway, elle disparaîtra sous le porche et filera comme une anguille, et c’est soudain comme une désolation que lui donne la perspective de cette absence, Josef est surpris de ce sentiment-là qui vient se loger dans son ventre. »

texteHakan
Textes en ligne

Guillaume, 17 ans, et Marcel, son grand-père, passent trois jours et deux nuits ensemble. C’est la première fois depuis l’enfance de Guillaume qu’ils se trouvent seuls l’un avec l’autre. Ils s’aperçoivent qu’ils se ressemblent beaucoup, en dépit du fait que le grand-père a soixante-dix ans de plus que son petit-fils. Extrait d’un roman inédit en français « Trois jours et deux nuits », traduit du suédois.

Camp d'internement d’Argelès-sur-Mer, février 1939 © D.R.
Créations sonores

« Je suis née à la fin de la Guerre civile d’Espagne, dans une prison, la prison des femmes où ma mère était emprisonnée pour activités anti-franquistes… »
Entretien d’Élodia Zaragoza-Turki avec Garance Mesguich, Robert Tricoire et Xavier Bazot, réalisé à Tunis en septembre 2012 dans le cadre de la résidence de Xavier Bazot à La Marelle.