Bollweevil

TOM COOPER

L’écriture d’un roman centré sur la figure énigmatique (et imaginaire) d’un bluesman d’avant-guerre, en plein cœur du Mississippi.
Résidence en novembre et décembre 2017

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Le travail de Tom Cooper a été immédiatement remarqué en France à la sortie de son premier roman, Les Maraudeurs, traduit par Pierre Demarty aux éditions Albin Michel. Un récit vif et une intrigue percutante dans l’atmosphère poisseuse du bayou de la Louisiane : tous les ingrédients du roman noir étaient présents. Mais Tom Cooper s’y intéressait surtout à une région sinistrée des États-Unis, depuis le passage de l’ouragan Katrina en 2005 et la pire marée noire de l’histoire de l’humanité en 2010, souffrant d’une profonde crise économique. Au plus proche de la vie des gens attachés à leur terre et à leur histoire ce premier roman a été remarqué par des auteurs tels que Stephen King, Donald Ray Pollock ou Pete Dexter, et est actuellement adapté en série par les producteurs de Breaking Bad.

Son deuxième roman, Southern Hospitality, est terminé et va bientôt paraître aux États-Unis. Jamais à court de projets, Tom Cooper souhaite se consacrer désormais à l’écriture du livre suivant, Bollweevil, centré sur la figure énigmatique (et imaginaire) d’un bluesman d’avant-guerre, au cœur du delta du Mississippi. C’est ce roman dont il souhaite entamer l’écriture à Marseille.

Twelve Finger Willy Black, dit « Willy the Bugman », dit « Bollweevil », né William Roosevelt Jones au cœur du delta du Mississippi, reste l’une des énigmes du blues d’avant-guerre. Les spécialistes les plus éminents de cette musique s’accordent généralement à croire que William Jones serait né au printemps 1910, au moment où la Terre traversa la traîne de la comète de Halley, et où le pays connut une flambée de paranoïa et de superstition. Le répertoire de William Jones contient de nombreuses allusions à la comète, notamment dans Cursed Son (« Le Fils Maudit »), avec cette sinistre boucle en mode mineur, scratchée sur une guitare CBG.  « Fils maudit », gémit Willy Jones avec son timbre méphistophélique de bariton. « Je suis né, fils maudit, la nuit où passa la comète. » Sa voix enfle tel un hurlement de désespoir. « Même si je ne suis pas né au cœur de la nuit, mais au soleil du Mississipi, mon pasteur de père savait que j’étais son fils maudit. »

La chanson ne fait pas seulement référence à la comète de Haley, mais aussi à la difformité dont William Jones tirait son surnom.

Né avec un doigt en plus à chaque main, l’affection de William allait lui causer beaucoup de honte tout au long de sa vie. Paradoxalement, elle lui permit aussi de créer un style de jeu unique, qu’aucun musicien de blues ne saurait imiter par la suite. Dans une interview pour Rolling Stone en 1984, Keith Richards déclarait : « Quand j’ai entendu Cursed Son pour la première fois, j’aurais juré qu’il y avait trois types qui jouaient. Deux à la guitare, un autre avec je ne sais quel instrument. Un putain de sitar. Un truc. Mais non. Il n’y avait que lui. Juste Willy the Bugman. Ce vieux Bollweevil. Même si j’avais deux ou quatre doigts en plus : j’ai renoncé à essayer de comprendre ! »

 

Tom Cooper
Traduit de l’anglais (États-Unis)
par Marguerite Cappelle

 

Cette résidence fait suite à plusieurs échanges avec Tom Cooper sur son désir d’effectuer une résidence d’écriture à Marseille, dans la perspective de travailler sur ce prochain roman. Il a en effet déjà séjourné en France, à l’occasion d’une invitation de l’Association Festival America, et souhaite poursuivre ici, dans cette région Sud qu’il ne connaît pas, le lien qui s’est créé avec de nombreux lecteurs et professionnels. C’est la seconde fois que La Marelle établit un lien avec le festival America, après la venue de Justin Torres en novembre 2015.