Anamarseilles

Anne Savelli

Résidence du 18 mai au 11 juin 2012

Au cours de cette résidence, l’auteure élabore un texte qui s’enroule et se déroule, se suspend, se disloque, se lance et s’extrait… Dans le même mouvement que Dita Kepler, son avatar poreux et mal défini. Un travail sur l’anamorphose, autant que sur le temps et la géographie de l’écriture.

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Projet de résidence

Dita Kepler est, depuis quelques années, mon avatar sur Second Life.
Jamais ou presque je n’ai utilisé l’interface du jeu. Par contre, je me sers de ce qui la caractérise (le fait qu’elle puisse changer de forme, voler, planer) pour la faire évoluer dans des lieux « réels » où je me trouve en résidence : ainsi a-t-elle traversé le Cent Quatre, à Paris et dort-elle parfois dans une maison de Montreuil (pigeonnier phare cabane de chasseurs). Malgré sa liberté de mouvement, Dita Kepler vit sous contrainte : sa tête est dans le bruit. Poreuse, mal définie, elle est parasitée par des cris, freins, slogans, injonctions diverses et progresse pour s’en libérer. Par moments, elle croise ce qu’elle nomme l’objet du désir. Il est difficile de savoir s’il l’aide ou non dans cette tâche.
Pour avancer, elle se métamorphose en éléments de décors, qu’elle quitte à mesure. Elle n’est donc pas un personnage et si l’on parle d’elle au féminin, ce n’est que sous influence.

Dita Kepler est la maison de Montreuil, le mur qui s’effrite, la fenêtre fermée, ce qu’on imagine de la chambre. Si l’on y tient, c’est aussi la femme dans la chambre, dans la rue ou dans la forêt. Mais pas forcément, et pas en premier.
Le texte Dita Kepler apparaît parfois, par fragments : ainsi est-il possible, ici ou là, d’assister à une danse avec bancs ou d’interroger la douceur avant d’être couvert de feuilles.

Dita Kepler possède un compte Twitter qui lui sert de page. Il arrive également que j’en lise des extraits en public.
Projet au long cours, sans début ni fin, via supports multiples : c’est libre. Et même, qu’on le sache, Dita Kepler n’est pas toujours mon avatar : qui veut s’en empare. Certains, auteurs, joueurs, l’ont déjà transportée ailleurs. Cependant, je signe ici ce travail intitulé anamarseilles, entamé à La Marelle.
En voici le principe.

Pour une raison tenue secrète, Dita Kepler va s’anamorphoser. Elle partira pour cela d’un point A et va s’allonger, se tendre, briser ses contours, bref résoudre la question de sa forme sans jamais quitter cet ancrage (le point A) jusqu’à joindre un point C dont la distance pourra varier. De l’un à l’autre devenue courbe, elle pas- sera, parfois, par un point B.
Les points A, B, C pourront être des lieux, des textes, des hommes, des personnages, des objets, etc. Toujours aimés.
Elle, pour les lier, pourra devenir onde, fil, brin de laine, ligne, dessin, rail : nous verrons bien. S’enrouler et se dérouler, se suspendre, se disloquer, se lancer, s’extraire, ici comme aux alentours, tel est le programme.
À partir de maintenant, Dita Kepler est à Marseille, dans une villa de maître située en hauteur, le long d’une voie ferrée.

Anne Savelli

 

Ce projet a abouti en 2015 à la parution de Anamarseilles aux éditions de La Marelle.

 

Durant sa résidence à La Marelle, elle participe aussi aux « 48h Chrono » pour évoquer le livre en cours de finalisation établi en dialogue avec Pierre Ménard, autre auteur passionné par les nouvelles formes d’écriture, travail qui a abouti à la publication du livre numérique Laisse venir. À partir d’images captées sur Google Street View, une écriture/déambulation dans la ville, des photos et notes sur le lieu, le trajet, le décor…

Elle revient aussi à Marseille en novembre 2012, notamment dans le cadre du colloque « Les écrits du numérique », avec Alphabetville, et plusieurs fois depuis la publication de Laisse venir.